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Champagne : notre sélection 2019/2020

Dans l’intérêt que nous portons à la Champagne, réside notamment la capacité de la région à commercialiser chaque année des cuvées et des millésimes parfaitement adaptés à une dégustation précoce qui caractérise tant la consommation contemporaine. Inutile d’attendre plusieurs années de cave ou d’investir des sommes importantes dans l’espoir de boire, quelques années plus tard, le fruit de cette patience. Chaque année, la Champagne propose à la vente différentes cuvées millésimées profilant l’un des terrains de jeu des plus intéressants pour les consommateurs et les amateurs consciencieux. En quelques achats bien ciblés, il est possible de trouver des millésimes à boire immédiatement et d’autres à garder, des vins bâtis pour une consommation rapide et d’autres ayant la capacité, pour s’étoffer quelque peu, de passer quelques mois pour les plus pressés, quelques années pour les plus sages, en cave.

Cette année, et selon le principe que nous venons d’évoquer, c’est le millésime 2012 qui arrive en force sur le marché. Un millésime exceptionnel par rapport aux autres vignobles français, que certains vignerons n’hésitent pas à comparer à l’exceptionnel 1990 ou même à 1996. Pour ma part, je pense que 2012 est aussi dense que ces deux millésimes tout en possédant une tension plus affirmée qui lui sied à merveille. Effet, peut-être, d’une viticulture qui ne cesse d’évoluer dans la région et dont le prise de conscience démarra, chez certains, dès …. 2012 ! Bien évidemment, les pinots noirs sont à privilégier, notamment ceux du nord de la Montagne de Reims vers Verzy, Verzennay ou Mailly-Champagne. Ils sont à la fois profonds et droits et possèdent une capacité de garde importante. Les chardonnays sont quant à eux plus hétérogènes. Mais comme d’habitude, les vignerons possédant un savoir-faire viticole ont su conduire les vignes pour éviter les dégâts d’un début d’année complexe avant d’atterrir en douceur sur une période de juillet à octobre idyllique. À toute chose malheur est bon : les conditions climatiques du printemps n’ont pas permis de garder un nombre important de grappes par pied et ont grandement facilité la maturité à venir pour les maisons plus facétieuses alors que les vignerons consciencieux, n’ayant pas besoin d’attendre les affres du climat et une limitation raisonnée et raisonnable des rendements, pensée dès la taille, possèdent un avantage indéniable grâce à une viticulture de haute couture et, donc, à une maturité parfaitement aboutie et totalement maitrisée.

Outre le 2012, des millésimes comme 2013, 2009 et 2008 sont actuellement sur le marché. Tous ont leurs caractéristiques et leurs styles. Mais cette année, le focus de l’amateur se fera sur les non millésimés. Cette spécificité champenoise de pouvoir additionner des millésimes pour produire une seule cuvée est comme une partition pour un musicien. En jouant sur la proportion des millésimes, leurs identités et les zones géographiques d’où proviennent les vins, les chefs de cave ouvrent le champ des possibles et produisent des vins correspondant à la fois aux styles maisons, tant appréciés dans la région et tellement rassurants pour les consommateurs, tout en apportant, depuis quelques années, un dynamisme important dans une région souvent traditionaliste. Ainsi, le niveau moyen des champagnes ne cesse-t-il d’évoluer vers le haut et le style maison, bien que prégnant, tend à disparaitre au profit de vins plus près de leur identité de lieux et/ou de millésimes.

La Champagne évolue et c’est tant mieux ! Plus que jamais, la région se repense et propose aux consommateurs des vins de plus en plus précis, de plus en plus élégants et de plus en plus remarquables. Profitons-en !

 

Sélection 2019/2020 : partie 1.

Sélection 2019/2020 : partie 2.

Ensemble des notes.

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