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Charles Philipponnat : vendanges 2019 et nouvelles cuvées

Charles Philipponnat, l’élégant et distingué responsable de la Maison Philipponnat, nous accorde un interview exclusif juste au début de ses vendanges champenoises. L’occasion de « récolter » son premier jugement, mais aussi de faire le point sur les cuvées à venir et les évolutions au sein de la gamme.

« C’est encore un peu tôt pour un diagnostic complet » assure d’un parfait phrasé, Charles Philipponnat, à la tête de la maison de champagne éponyme basée à Aÿ.

« Nous avons commencé mardi (10 septembre – NDLR). Pour l’instant seulement au Clos des Goisses. Ce millésime est d’une très belle qualité, une fois les raisins grillés par le coup de chaleur éliminés » explique l’homme de l’art.

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« Le potentiel alcool est de 11,5 % vol, nous avons un très bel équilibre sucre/acide et environ 6 à 7 grammes en acidité totale. Pour l’équilibre aromatique, c’est encore un peu tôt pour le dire, mais ce qui est certain c’est que nous allons vers une maturité phénologique et aromatique assez élevée. Ceux qui auront vendangé très tôt, c’est dommage », analyse-t-il.

Si au niveau qualitatif les espoirs sont présents, la quantité de vendange laisse un léger gout amer, surtout quand la qualité est présente : « nous avons perdu beaucoup de récolte (froid, gel, grêle et chaleur), les rendements sont très bas (le rendement a été fixé à 10 200 kg/ha mais beaucoup n’y arriveront pas – NDLR) et nous cueillons nettement moins que prévu » estime, mi-défaitiste, mi-réaliste Charles Philipponnat. « Nous sommes entre 4 000 kg/ha et 8 000 kg/ha et c’est déjà bien. Cela correspond à peu près à du 25/30 hl/ha ».

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Photo issue du compte Facebook de Charles Philipponnat

Côté cépage, « les blancs sont touchés par l’oïdium et il faudra faire attention lors de la cueillette. D’autant qu’il s’est développé dans les endroits où il n’était pas présent d’habitude. Il y a eu du froid et de l’humidité pendant la fleur et il aime bien cela. Sur les pinots noirs, c’est très qualitatif, comparable à 2008. Dans la Côte des Bar, il y a eu plus d’eau pendant l’été et plus d’humidité, il va donc falloir faire attention au botrytis sur les pinots meuniers. Dans l’Aube, Les Riceys, c’est très beau. Des conditions idéales pour les beaux terroirs de la Marne », ajoute-t-il.

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Photo issue du compte Facebook de Charles Philipponnat

Bref, Charles Philipponnat est enthousiaste, de quoi lui donner le moral juste avant la sortie de ses nouvelles cuvées et pour engager le marathon des fêtes de fin d’année, si importante pour les ventes de champagne.

Au programme : Clos des Goisses sera commercialisé avec le millésime 2010 pour la version blanc et 2008 pour le rosé. Les Cintres, une des trois cuvées parcellaires, affichera le millésime 2009. Notons que la cuvée parcellaire Mareuil-sur-Ay, va être rebaptisée La Remissonne, et est déjà commercialisée avec le millésime 2009. « En 2000, c’étaient trois parcelles et en 2009, c’est une seule parcelle qui est dans le prolongement du Clos des Goisses vers l’ouest », explique Charles, d’où la nécessité de débaptiser la cuvée.
Enfin, les Réserves Royales porteront fièrement le millésime 2012 et la Cuvée 1522 Rosé passera de 2007 à 2009.

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