ronceray

Domaine Belargus, la star ligérienne montante…

Les consommateurs français et internationaux boudent les vins liquoreux. Trop de sucre (une hérésie quand on sait que ces mêmes consommateurs mangent du sucre sans le savoir) et, peut-être, trop d’exubérance dans les arômes. Quoi qu’il en soit, à Sauternes, en Hongrie avec le Tokaj ou en Vallée de la Loire, notamment en Quarts de Chaume, les ventes en berne imposent une redistribution des cartes. De plus en plus de vignerons arrêtent les liquoreux pour passer au sec.

C’est un peu l’histoire de Jo Pithon. En 2008, il créa sa cuvée « L’Ecart », le premier blanc sec produit sur l’aire d’appellation Quarts de Chaume. Un coup de génie pour ce vigneron reconnu pour ses liquoreux et la précision de ses vins secs. Le succès fut immédiat. En fin stratège, Ivan Massonnat, financier et investisseur, s’en souviendra lorsqu’il reprendra les 10 hectares de l’appellation Quarts de Chaume (soit un quart de la superficie globale du seul Grand Cru de la Loire) à la famille Laffourcade. Naitra alors entre l’investisseur et le vigneron, une amitié durable qui aboutira à la création du Domaine Belargus et le rachat de la parcelle « Les Treilles » détenue par Jo Pithon.

Le Domaine Belargus est un des nouveaux acteurs de la Loire viticole. Un de ceux qui possèdent une croissance fulgurante dotée d’une ambition réfléchie. Avec 12 hectares d’un seul tenant sur 3 lieudits historiques de l’appellation Quarts de Chaume, il est un acteur majeur, d’autant que le domaine possède également le Clos des Ruchères, un autre monopole, au pied de la Roche-aux-Moines, en appellation Savennières. Mais la spécificité du domaine est la production de vins secs sur des grands terroirs de liquoreux.
Et pour cela, Ivan Massonnat a de l’ambition. En plus de Jo Pithon, il a fait appel à Guy Bossard, l’un des pionniers de la biodynamie dans la Loire viticole, pour passer l’ensemble du domaine dans ce mode de culture.

Ainsi, sa cuvée « Ronceray » transcrit-elle cette volonté qualitative. Un vin sec produit sur des terroirs de liquoreux, une « simple » appellation Anjou, un 100 % chenin, bien évidemment, et des sous-sols de l’ère primaire totalement adaptés à la culture de ce cépage magique. Et à 28 €, au vu de la qualité, du travail et de la passion des hommes derrière ce vin, c’est très abordable !

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Ronceray – Anjou blanc – 2018 – 28 €
Menthol, poire, pêche, beaucoup de fraicheur et quelques notes de glycine qui apportent complexité et dimension printanière. Grain charnu, juteux également, avec une texture fine, saline et de très beaux amers finaux qui tendent l’ensemble et lui offrent une dimension aérienne. Un vin de gastronomie, de garde et surtout une vraie bonne surprise ! 92/100

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