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Domaine Belargus, une valeur montante de l’Anjou

Ivan Massonnat est un financier avisé. Son métier ? Racheter des entreprises dans différents secteurs d’activités leur insuffler un nouvel esprit et développer le tout dans un mode start-up afin, de leur donner une seconde chance et de les revendre après quelques années de développement. Responsable des levées de fonds auprès des institutionnels et des fortunes privées, il n’en est pas moins un amoureux du vin, un passionné qui n’hésite pas à passer son temps libre dans le vignoble.
Pendant longtemps, il a pensé racheter un domaine viticole. Savoyard d’origine et amoureux des vins de Bourgogne, il prépare sa reconversion et sa retraite avec une seule idée : devenir vigneron. Après plusieurs années de recherche, c’est vers la Loire qu’il se tourne, l’Anjou particulièrement, même si une première « opportunité d’achat n’a pu se concrétiser à Chinon ». Par l’intermédiaire de Patrick Baudoin, il rencontre Jo Pithon qui possède encore quelques hectares de vignes et un négoce, Pithon-Paillé. Après une infructueuse aventure avec un autre financier, Jo et Ivan discutent et sympathisent. C’est au pied des Treilles, la parcelle emblématique que Jo Pithon fera comprendre à Ivan Massonnat, toute la puissance d’un terroir. C’est ici qu’il décidera de racheter le domaine. « Je n’ai pas choisi l’Anjou, explique-t-il, c’est l’Anjou qui m’a choisi avec notamment le chenin, ce magnifique cépage, et une hiérarchisation de terroirs millénaire qui me rappelle la Bourgogne que j’aime tant », explique-t-il.
Jo Pithon possède des vignes sur l’appellation Anjou et à Savennières. Mais son bijou, c’est le Clos des Treilles, une parcelle d’un seul tenant, située sur un coteau exposé plein sud et totalement défrichée par Jo et ses équipes. La vigne existait avant la crise phylloxérique, mais le terrain escarpé et la difficulté d’accès ont eu raison de ces parcelles après le passage du terrible insecte. Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de grands terroirs, mais uniquement des entêtements de civilisation ? Le Clos des Treilles est un parfait exemple.
Fin connaisseur de l’Anjou, Jo Pithon présente d’autres vignerons à Ivan Massonnat. C’est alors qu’une opportunité magnifique se présente. La famille Laffourcade décide de vendre sa propriété en appellation Quarts de Chaume. Elle représente près de 10 hectares de ce seul Grand Cru de la vallée de la Loire. Une opportunité exceptionnelle qu’Ivan Massonnat ne peut laisser passer. Il rachète l’ensemble et en fera le coeur de son projet.
« J’adore le chenin, ce cépage emblématique de l’Anjou. Mais il nous est apparu que les vins secs pouvaient révéler les terroirs aussi bien que les liquoreux. Et la difficulté économique pour vendre ses vins aidant, nous avons décidé de produire de grands vins blancs secs sur des terroirs de liquoreux ». Le ton est donné, le projet lancé.
Fervent défenseur de l’environnement, Ivan Massonnat fait appel à Guy Bossard, ancien vigneron du Domaine de l’Ecu et pionnier de la biodynamie dans le Muscadet, pour passer l’ensemble du vignoble à cette pratique viticole.
L’homme d’affaires, à l’allure vigneronne, ne peut résister devant un magnifique terroir. Il y a un an, une parcelle de vignes est à vendre. Elle n’a l’air de rien. Mais Ivan, fou des terroirs de l’Anjou, découvre un potentiel extraordinaire. Sur la route qui descend de la Coulée de Serrant à Savennières, quelques ares de vignes sont plantés sur l’un des rares terroirs de schistes pourpres de Savennières. Il rachète. C’est un Clos, un monopole qui se nomme Clos des Ruchères.
Tout est désormais en ordre de marche. Le premier millésime 2018 s’annonce extraordinaire. Si « magnifique, que nous allons produire 4 cuvées de liquoreux, ce que nous ne ferons pas toutes les années, et 7 cuvées de vins secs parcellaires ». L’équipe, dirigée par le plus jeune salarié Adrien Moreau ingénieur agronome, affiche 28 ans de moyenne d’âge avec une parfaite parité homme/femme. Tout semble rayonner au domaine qui s’étend désormais sur 26 hectares.
Ce domaine s’appelle Belargus, du nom d’un papillon bleu présent sur le Coteau des Treilles, l’un des endroits possédant la plus importante biodiversité de l’Anjou. Retenez ce nom, il devrait connaitre un succès d’estime dans les prochaines années.

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Pente vertigineuse au Clos des Treilles.

Domaine Belargus – Gaudrets – Savennières – 2018
Un nez envoutant avec des notes de poire, de fleurs et d’agrumes. L’élevage apporte du gras, de la précision également pour ce savennières de plaisir à la finale saline. – 90

Domaine Belargus – Clos des Ruchères – Monopole – Savennières – 2018
Un nez de noisette, d’amande et un boisé parfaitement intégré. A l’aération, le bouquet se développe avec des arômes d’épices, de fleurs, de pierre à fusil. Superbe bouche, grain fin, texture charnue, salinité avec une légère sensation de tanins et une fraicheur remarquable. Un savennières cristallin. – 94

Domaine Belargus – Ronceray – Anjou – 2018
Poire, épices, fleurs, menthol pour un toucher de bouche rond, une réelle tension en son milieu et une finale aérienne. Droiture et précision pour un anjou à la fois complexe et frais. – 92

Domaine Belargus – Les Roncières – Anjou – 2018
Ce terroir de pouddingues impose sa force aux vins. Nez complexe, floral, gentiane et épices pour une race magnifique. Charnu et dense. La texture est superbe et ronde avec de beaux amers et une précision d’ensemble qui s’exprime sur le menthol. Fraicheur émotionnelle en finale. Grand potentiel de garde. – 93

Domaine Belargus – Les Quarts – Anjou – 2018
Sur des schistes purs, cette parcelle est le centre historique de l’appellation Quarts-de-Chaume car elle donna le nom à l’appellation. Charnu et tendu, très beau grain avec de la précision et une finale mentholée, anis et délicate. Un vin qui est dense mais qui impressionne par sa capacité à devenir linéaire en finale. Superbe. – 93

Domaine Belargus – Bonnes Blanches – Anjou – 2018
Exposée au nord sur un terroir de schistes mais argileux et froid, cette cuvée à besoin de temps pour s’exprimer. Des notes d’acacia, de fleurs et d’épices se concentrent dans le verre. En bouche, la tension est magnifique, la texture puissante et charnue, le fond important et la finale légèrement plus enrobée que les autres cuvées. Il lui faut du temps. – 91+

Domaine Belargus – Les Treilles – Monopole – Anjou – 2018
Un nez presque méditerranéen, des notes d’abricot, de pêche blanche, de ciste, d’iode. Grande complexité. L’entrée est enveloppante, charnue, cristalline avec une texture parfaitement équilibrée et un grain très fin. Ce vin possède une grande élégance, une dimension tellurique et magique. Superbe potentiel de garde. – 96+

Domaine Belargus – Layon – 2018
En 2018, Domaine Belargus a produit 25 % de sa récolte en liquoreux. Ce Layon aux arômes d’ananas, d’abricot, de miel offre un équilibre aromatique superbe et une acidité en bouche qui tend l’ensemble et lui apporte une netteté et une précision admirable. Frais et gourmand. – 92

Domaine Belargus – Les Rouères – Quarts de Chaume – 2018
Un terroir de pouddingues qui produit des vins puissants mais pas lourds. Des arômes de coing, d’ananas confit, d’abricot sautent dans le verre tout en gardant une précision remarquable. Densité et équilibre. Sucres présents mais pas envahissants. Un grand potentiel de garde. – 97

Domaine Belargus – Les Quarts – Quarts de Chaume – 2018
Plus pain d’épices que Les Rouères, Les Quarts offre toute leur puissance et leur complexité dès le premier bouquet. Trame équilibrée, de la densité, de l’énergie pour un vin plein, onctueux au potentiel de garde important. Superbe. – 95

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