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Interview : Fabrice Bernard, PDG de Millésima à l’occasion du lancement de son Drive.

Acteur majeur de la vente de vins sur Internet, Millésima est très actif pendant cette période de confinement. Après un partenariat avec les champagnes Billecart-Salmon, la société innove à nouveau en créant un « Drive ».

Dans le respect des gestes barrières, les clients peuvent commander sur le site et réceptionner leurs commandes deux heures plus tard dans les chais de la société, proches de la gare Saint-Jean.

Pour les clients plus lointains, la société propose de supprimer les frais de livraison à domicile.

L’occasion de faire le point avec Fabrice Bernard, le PDG de Millésima sur la vente en ligne pendant cette période de confinement.

Retrouvez également notre article sur les différents sites ouverts pendant cette période de confinement.

 

Anthocyanes : en quoi consiste Millésima Drive ?
Fabrice Bernard : À ne pas rester « dry » pendant cette période de confinement ! Pour être plus sérieux, c’est la possibilité pour les Bordelais de pouvoir venir chercher du vin en toute sécurité. On ne descend pas de la voiture sauf pour ouvrir le coffre dans lequel nous viendrons déposer vos caisses. Toutes les commandes sont préparées en 2 heures.

Anthocyanes : comment vivez-vous le confinement au sein de votre structure ?
Fabrice Bernard : j’ai l’impression que pour l’instant cela se passe plutôt bien, nous avons 71 % des personnes en télétravail et chacun essaye de donner son maximum avec parfois des horaires de travail qui s’adaptent en fonction du travail et de la vie familiale. Je ne vous cache pas que prendre tous les déjeuners et diners avec ma femme et mes enfants est une chance et cela rapproche les liens familiaux.

Anthocyanes : connaissez-vous, depuis le début du confinement, une hausse des ventes sur Internet ?
Fabrice Bernard : les 9 premiers jours de mars étaient en croissance, puis ce fut une baisse forte pour repartir à la hausse vers le 23 mars. Au final, nous avons une hausse de 5 % du CA sur mars avec des commandes plus faibles en valeur (surtout des rosés et des vins à boire), mais beaucoup plus nombreuses. Je constate aussi que les personnes ont envie de se faire plaisir c’est pour cela que nous avons donné la possibilité aux clients de créer eux-mêmes leur propre caisse (il y a environ 3 000 références disponibles à l’unité). Sur le mois d’avril, nous avons une hausse très forte de notre CA comme sur la fin mars , elle est d’environ 35 %.

Anthocyanes : sur quels types de produits enregistrez-vous une hausse ?
Fabrice Bernard : beaucoup de rosés de Provence et quelques très belles bouteilles. Les personnes veulent se faire plaisir.

Anthocyanes : est-ce que les vignerons, vos partenaires, demandent une activité plus soutenue afin de pallier à une baisse des ventes dans les circuits traditionnels ?
Fabrice Bernard : nous avons quelques offres, mais dans l’ensemble la filière est plutôt inquiète et solidaire.

Anthocyanes : vous qui êtes un acteur majeur de la vente en primeur, pensez-vous que la campagne aura lieu ?
Fabrice Bernard : je pense que oui. Nous avons encore sur notre site Internet de très jolies commandes ce qui prouve que les gens ont confiance dans l’avenir et donc peuvent acheter des primeurs.
La détermination du bon prix sera un élément crucial de la réussite ou non de cette campagne. Mais je suis persuadé que l’ensemble de la filière saura trouver le bon prix.

Anthocyanes : si elle n’a pas lieu, comment voyez-vous l’avenir pour la place de Bordeaux ?
Fabrice Bernard : je ne suis pas inquiet pour le futur de la place de Bordeaux même si nous n’avons pas de primeurs à Bordeaux cette année. Par contre, il faudra trouver une nouvelle solution de commercialisation et de communication des vins car nous serons alors comme tout le monde. Sans les primeurs nous allons perdre un outil de communication et de distribution extrêmement puissant , ce serait bien dommage……

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