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Jacques Puisais est décédé

C’était un homme d’un infini savoir. Oenologue, chimiste, docteur en biologie, Jacques Puisais est décédé à 93 ans, des suites de la Covid-19, ironie du sort pour celui qui écrivait sur son blog à propos de ce « petit virus », le 6 juin 2020, laissant entrevoir son esprit critique et sa mise en perspective globale.

Fondateur avec Alfred Mame de l’Institut du Gout, il fut également président de l’Union Internationale des Oenologues de 1973 à 1981. Fils d’un représentant en vins, Jacques Puisais fut un grand passionné du monde du vin et un fervent défenseur des accords mets et vins, des vins de terroir et a inventé une technique d’analyse sensorielle. Avant tout le monde, il s’intéressa également à la vie dans les sols et à la viticulture de précision. Un jour, Jacques Perrin du Château de Beaucastel vint le visiter et lui affirma : « Puisais, je n’ai plus de ver de terre ». Avec son aide, il passa à la conversion en culture biologique et remit au gout du jour le travail du sol.

Amateur de mets, il était aussi un amateur des mots qu’il utilisait avec rigueur, foi et intelligence. Il se lamentait de la perte de nombreux mots, notamment pour décrire les sensations gustatives. Rien d’étonnant que ses phrases soient écrites au scalpel avec l’intelligence du lettré qu’il était. Certaines resteront dans nos mémoires comme celle-ci qui dit combien le vin est affaire de culture : « Pour gouter un vin, il faut saisir toutes ses forces d’expression. L’analyser revient à décrire une pièce musicale, une peinture ou une chorégraphie. C’est de plus un négatif extraordinaire de celui qui l’a fait ».

Ou celle-ci, dans le même registre, très connue et qui sera, sans nul doute, son héritage :

«  Un vin doit avoir la tête de l’endroit où il est né et les tripes de celui qui l’a fait ».

Un grand homme disparait.

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