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L’économie champenoise patine

Décidément, les ventes de champagne ne sont pas dans une dynamique très positive. À en croire les dernières statistiques publiées, elles reculent même de 3,1 % au premier semestre 2019. Et sur la période, les chiffres du mois de juin laissent fébriles de nombreux acteurs champenois : – 13,1 % par rapport au même mois l’année dernière.

Si tous les marchés sont impactés (France et international), c’est en France que la situation est la plus sévère. Le premier semestre enregistre une baisse de 6 % quand le négoce voit ses ventes diminuer de 9,3 %. Et pire, sur les 12 derniers mois, les ventes de champagne en GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) connaissent un effondrement de 4 millions de cols selon les sources IRI.

« Nous avons sous-estimé l’impact de la loi EGalim sur les ventes en grande distribution », expliquait Jean-Marie Barillère de l’Union des Maisons de Champagne lors d’une conférence en juillet dernier. C’est désormais un fait acquis.
En effet, la loi EGalim pourrait être à l’origine de pertes de ventes colossales : près de 10 millions de bouteilles non vendues selon les dernières estimations. Le prix de la bouteille a également diminué de 0,3 % pour se stabiliser à 21,04 €. Là où certains affichaient des prix élevés pour les radoucir par des remises importantes, la loi EGalim impose désormais un prix de vente plus conforme avec la réalité et donc un changement de comportement chez le consommateur.

Ces chiffres arrivent dans un contexte de crises en Champagne. Crise économique, évidemment, même si le terme est encore banni chez la plupart des acteurs économiques, mais également crise d’identité avec des codes de consommation qui peinent à conquérir des parts de marché face à une concurrence, française et internationale, de plus en plus active.
La concurrence des vins effervescents étrangers, par exemple, est très forte. Sur les 12 derniers mois de l’année, et selon les chiffres publiés par FranceAgrimer, cette famille connait une hausse de 12,9 % des parts de marché volume. De même, les crémants français d’AOP connaissent une hausse de 0,5 % avec des disparités puisque Bordeaux augmente de 16%, la Loire de 12,5 %, Limoux de 20,1 % alors que le Jura baisse de 14,6 %. Mais dans le même temps, la famille Champagne chute de 3,5 % pour représenter 25,1 % de parts de marché volume contre 24,4 % pour les crémants et 11,7 % pour les effervescents internationaux.

La Champagne va devoir réenchanter sa consommation et reconquérir des consommateurs intéressés par le produit et non plus par une stratégie de prix agressive. D’autant que les habitudes de consommation des jeunes générations, plus enclines à consommer du spritz et autres cocktails que des coupes de Champagne, ne sont plus en rapport avec les codes champenois.

Un espoir, que la campagne de communication très décriée du SGV (Syndicat Général des Vignerons de Champagne) vienne changer le point de vue de certains consommateurs. Mais cela est affaire de long terme…

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