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Vendanges 2019 en Champagne : Caroline Latrive, chef de cave de Champagne Ayala

Connaissez-vous l’inventeur, même si le nom est grandiloquent, des champagnes dits « nature » ? Apparemment, ce serait la Maison Ayala, fondée en 1860 par Edmond de Ayala. Son frère, Fernand, s’installe à Londres où il devient un proche du Prince de Galles et concocte pour lui le millésime 1865 avec un très faible dosage, prenant, à l’époque, le contrepied absolu.

La Maison Ayala devient alors le fournisseur de la Cour royale d’Angleterre. Depuis ce millésime est né un vin dit « nature » donc sans ajout de sucre. Il sera la porte d’entrée du succès international d’Ayala. En Champagne comme en toute chose, la mode n’est qu’un éternel recommencement…

Aujourd’hui propriété de la famille Bizot (Bollinger), Ayala est une belle Maison, bien qu’un peu timide. Une Maison qui renait de ses cendres après avoir connu une baisse d’activité importante. Une Maison qui produit de très beaux vins, purs et nets, avec un rosé qui reste l’un des superbes rapports qualité-prix de la Champagne.

Caroline Latrive est la chef de cave de la maison champenoise. Oenologue de formation, elle a fait ses armes chez Bollinger après une carrière dans le conseil oenologique. On le sait, Bollinger, c’est le pinot noir. Alors, dès son arrivée en 2012 et pour donner une identité propre à la marque Ayala, elle prend le parti du chardonnay et des petites cuves inox quand Bollinger vinifie en barriques.

En exclusivité, elle nous livre son analyse des vendanges 2019 :

« Après une année viticole chaotique, nous sommes extrêmement satisfaits des premiers jours de vendanges, notamment sous un soleil radieux. Nous avons subi des gelées, du mildiou et de l’oïdium. La qualité est très belle, toutefois les rendements sont faibles et nous ne ferons pas les 10 200 kg/ha (le rendement autorisé – NDLR) » explique-t-elle.

« Nous rentrons des raisins en moyenne à 11 % vol sur les chardonnays et un peu moins sur les pinots noirs. Les raisins sont très expressifs et aromatiques et ont une certaine concentration ». Et à la question redondante et délicate de la comparaison, elle ne botte pas en touche : « ce millésime me rappelle 2012 et il est très différent de 2018. Peut-être 2008, oui 2008 » avant d’ajouter « nous avons de très belles acidités et les quelques derniers jours de soleil ont consommé l’acidité malique » comme pour expliquer cette comparaison.

« Tous les voyants sont au vert. Cette année nous avons le temps de faire les choses avec beaucoup de sérénité et de professionnalisme. Nous pouvons attendre les points de maturité optimale ». Une année qui semble comme un long fleuve tranquille, mais pourrait, notamment sur les blancs, prendre certains de court : « sur les chardonnays, nous sommes très vigilants en étant présents dans le vignoble. Ce n’est pas une année simple pour la Côte des Blancs », conclut-elle.

Résultats définitifs lors des dégustations des premiers jus.

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