Certains sont-ils réellement conscient de ce qu'il disent ?

C’est avec un certain effarement que je suis tombé sur l’édito n°503 de Vitisphère. Ce site Internet connu et reconnu, qui à une audience relativement large dans le monde professionnel du vin, affirme que les différents éditeurs du monde du vin doivent se réunir pour palier la descente aux enfers de « l’écriture sur le vin ». Ce en quoi ils ont parfaitement raison….

Dans ce même billet, le rédacteur, peut-être Mr Rémondat ; les éditos ne sont pas signés, insiste sur le fait que la presse n’a « pas d’argent, pas de moyens, pas d’indépendance, pas d’audace ». Encore une fois nous ne pouvons que lui donner raison. Mais ce qui nous étonne le plus, c’est que ce Monsieur, a qui nous avons envoyé un dossier de presse et un email pour lui expliquer qui nous étions et ce que nous souhaitons faire, n’a même pas daigné publier une seule ligne sur le lancement de la revue et ne nous a même pas répondu. Politesse oblige ! Alors chez Mr Edito de Vitisphère pourquoi autant de dédain devant une parution qui est libre, qui dit ce qu’elle pense et qui ne possède pas de publicité, ce qui est loin d’être le cas de votre site ? Considérez vous que nous ne faisons pas parti du sérail pour exister ? Ou faut-il payer pour avoir une la chance de passer dans vos actualités ? Pourquoi affirmez vous dans un édito que le presse vin doit être solidaire quand les faits vous donnent tort ?

La presse viticole en France est entrain de se tirer une balle de le pied.  Jamais une industrie n’a été à ce point aussi fragile et aussi frileuse. Alors pourquoi quand une volonté de faire bien existe ne l’a met-on pas en avant ? Impossible de comprendre…Certes la revue peut ne pas plaire à tout le monde mais soyons au moins « gentleman » et citons l’information de surcroit sur un site qui existe que par cette dernière.

Les critiques vins sont en train de disparaître au profit des bloggeurs vins. La profession est en émoi devant ce déferlement de « critiques » qu’ils ne connaissent pas et qui osent dire ce qu’ils pensent. Sous prétexte que ces derniers n’ont pas fait d’école de journalisme, ils ne sont pas capables de goûter un vin. Comme si une école de journalisme était le passage obligé…On croit rêver !!! Le journaliste doit certes avoir un bagage pour être en capacité de « juger » les vins, mais combien d’entre eux connaissaient vraiment le vin avant d’entrer dans la filière ? Comme si un néo-vigneron ne pouvait faire du bon vin….Ridicule.

Les critiques anglo-saxons sont en train de prendre le pouvoir. Mais doit-on s’offusquer de cela ? Ils sont indépendants, très précis, parfaitement formés. Le Master of Wine, le diplôme le plus complexe au monde est anglais et aucun n’équivalent n’existe en France. Il faudrait en inventer un, dans la patrie du vin, cette discipline est laissée de côté et c’est bien là le vrai problème de la filière vin en France.

L’inertie de institutionnels est un pis-aller pour le monde du vin. Quand on sait que certaines préfèrent envoyer des invitations presse à la presse internationale et délaissent les critiques français, c’est un peu dommage….Mais tellement révélateur d’un système de pensée. Au salon Vinisud certaines invitations presse ne sont même pas rédigées en français, la maison Roederer réalise un concours d’écriture du vin à condition que les écrits soient en anglais, le Salon des Vins de Loire, dans une croyance de toute puissance, a voulu être décalé par rapport à deux grands salons off que sont la Dive Bouteille et Renaissance des AOC. Bilan -20% de fréquentation visiteurs et moins d’exposants….Où est la logique ????

Soyons inventifs, indépendants, passionnés et les lecteurs nous suivront. Que la presse soit payante ou gratuite, à l’arrivée, c’est le lecteur qui détient les pleins pouvoirs. Pas les critiques. Et, malheureusement, certains n’ont toujours pas compris.

Yohan Castaing

2 commentaires

  1. Salut Ambroise (Yohann),

    Comment peux-tu te poser la question de savoir pourquoi Vitisphère ou un autre média ne parle pas d’Anthocyanes alors que tu leur a envoyé un CP par mail ? ,-)
    Quelle question! Concurrence! On ne met jamais en avant ceux qui ont une réelle légitimité.
    Pour ma part, « Au Service du Vin », lancé en Octobre 2010 trouve son lectorat et donne quelques coups d’épaule à des magazines vins qui n’ont ni influence, ni lecteurs, et ni même la moindre légitimité. Mais il était une évidence: que je ne devais pas imaginer que les mags vins en parlent! J’ai bien vu la gueule que certains tiraient lorsque j’ai fait éditer le numéro 3 sous papier. 😉

    Mais on ne peut pas leur en vouloir. On offre des contenus de haute qualité, écrit par des journalistes ou pros, ou passionnés qui parlent aux gens. Et ils le font parce qu’ils croient en ce qu’ils font, en la nécessité de recréer ce lien rompu entre le vigneron et le consommateur.

    Ensuite, les journalistes du vin, bien que certains restent des exceptions, ont certes un diplôme de journalisme, mais n’ont pas le « talent », ni l’expérience nécessaire pour être capables de décortiquer un vin. On a droit à des descriptions bien vagues, dont les vignerons eux-mêmes ne comprennent pas le sens. Ne parlons alors même pas des consommateurs. 😉

    Pour ce faire, il est quasi-obligatoire d’être un professionnel du vin. Oenologue, vigneron, sommelier, caviste, dégustateur pour le moins. Ce pourquoi le blogueur vin commence à prendre le pas, du moins pour les plus crédibles, ceux allant sur le terrain s’entend.
    Or, une fois encore, ni les journalistes, ni même les sommeliers passent plus de 10 jours chaque année chez les vignerons. Il est évident qu’on ne peut pas donner crédibilité à celles et ceux acceptant les voyages que j’appelle « oenocharters », ou encore ceux passant leurs journées à grapiller durant les diners et déjeuners de presse. Dès lors qu’ils se détachent de la terre, pour peu qu’ils y aient déjà été, la non-substance transpire de leurs écrits. C’est vague, approximatif, sans engagement, plat, insipide…

    Il est des journalistes du vin, crédibles, qui se rendent sur le terrain, qui savent sensibiliser et surtout s’engager ! Malheureusement, ils sont peu nombreux.Passion et sincérité ne sont pas la panacée. Une fois encore, on hisse les barbelés, on se replie sur soi-même et on protège nos petits acquis.

    Qu’importe, les vrais, les passionnés, les sincères, les courageux seront naturellement récompensés de leurs efforts, sans même d’ailleurs à vouloir chercher une quelconque reconnaissance. Juste, le plaisir de partager. Or, pour recevoir, encore faut-il beaucoup donner avant…

    Allez, continuons de donner !

    Emmanuel

    • mm
      Ambroise Chambertin

      Je n’ai qu’une chose à dire : BRAVO. Je suis en total accord avc toi . Et longue vie à « Au Service du Vin »

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