Les vins natures, une mode bobo-écolo ?

Il y a des sujets qui m’exaspèrent plus que d’autres, non pour leur faible intérêt mais tout simplement car ils sont dénaturés (vous verrez le terme est choisi à dessein), galvaudés, incompris par des journalistes en mal de lecteurs, par des blogueurs voulant se faire connaître (et surtout pas reconnaître, cela imposerait un certain professionnalisme), par des vignerons incapables de prendre du recul et de goûter sereinement leur production. Bref, comme on dit à la mode germanopratine, le sujet des vins naturels m’énerve.

Il est de bon ton, dans notre bonne capitale parisienne, de dire que les vins naturels c’est bon, c’est super, c’est hype (oui le terme anglais est à la mode dans la cité des savoirs), c’est cool (notez l’éclectisme du vocabulaire), bref, c’est tendance. La grande mode est donc de consommer avec ferveur ce genre de production vinique. Jusqu’à présent, rien ne me dérange, si ce n’est le caractère éphémère du phénomène. Non, ce qui me dérange vraiment c’est le traitement que les journalistes et blogueurs font de ce terme.

Les vins dits « nature » ont été pris en otage par des sommeliers, des écrivains du vin, des blogueurs en mal de sujets qui croient que parce que le vin est « nature », il est bon. En cela, je souscris totalement à la thèse de Michel Bettane, affirmant qu’il existe des « bio-cons », des vignerons « ayathollesques» produisant des vins naturels. Qu’il est ridicule de faire croire aux consommateurs que seuls les vins « nature » sont bons ou que les vins possédant des arômes déviants, pas nets et ridiculement proches de la fosse septique sont qualitatifs, parce que naturels. Dans quelle vision du vin sommes-nous pour nous laisser berner par ces bonimenteurs ?

Il me revient en mémoire des textes écrits par Goethe ceux qui s’intéressent aux fondements de la culture biodynamique, savent qu’il a été l’inspirateur de Rudolf Steiner.

  « Les anciens représentaient l’existence, nous, Modernes, représentons habituellement l’effet ; ils peignaient le terrible, nous peignons terriblement ; ils décrivaient l’agréable, nous décrivons agréablement. De là viennent toutes les exagérations, tout le maniérisme, toute la fausse grâce, toute l’enflure ». Voyage en Italie – 17 Mai 1787 – Tome II, p. 606-609

Il m’a été donné de déguster de nombreux vins dits « natures ». Certains sont idéaux, au firmament de mon panthéon qualitatif, je pense à Marcel Lapierre, je pense à Zind Humbrecht, je pense à Richard Leroy, je pense à Lalou Bize-Leroy. Mais d’autres, dont je tairai le nom, me laissent à penser qu’il est impossible d’affirmer qu’ils sont du vin. Des senteurs de serpillère, des arômes déviants, fermentaires, pas nets et totalement abscons, qui sous prétexte de naturels sont dits « de qualité ». Non la merde reste de la merde. Les vignerons et leurs hordes de prescripteurs aux aguets nous expliquent que les odeurs sont normales car le vin est « nature ». En fait, ils vinifient naturellement alors que les vrais vignerons vinifient la nature. Les vignerons cités essaient de magnifier la nature, d’exceller dans la culture du raisin tout en faisant parler le terroir. Rien à voir avec des pseudos-vignerons qui nous proposent des vins déviants, sans ressource, sans âme, sans joyeuseté. Citons encore une fois Goethe, qui avait parfaitement compris l’essentiel de la nature :

  « Une œuvre d’art, et surtout un poème, qui ne laisse rien à deviner, n’est pas une véritable œuvre d’art, une œuvre de réelle valeur : sa plus haute fin est toujours d’inciter à la réflexion, et l’œuvre ne peut plaire vraiment au lecteur ou au spectateur que si elle le contraint à l’interpréter selon son propre sentiment, à en continuer et à en contempler en quelque sorte la création ». Entretiens avec le Chancelier Müller – p. 285

Remplaçons œuvre d’art ou poème, par vin. N’est-il pas vrai qu’un vin qui ne nous parle pas et qui n’a pas d’âme, ne possède pas de réelle valeur ? Rien de plus faible, de plus ringard, de plus inintéressant qu’un vin qui ne parle pas, ne communique pas, ne raconte rien…Alors il convient de faire appel à des artefacts, des intrants marketing pour pallier le faible niveau qualitatif. Est né le mouvement contemporain du vin nature.

Alors oui, les adeptes du vin « nature » m’emmerdent profondément car, finalement, ils n’aiment pas le vin. Ils laissent de côté les plus grands vins, qu’ils soient conventionnels, en culture biodynamique ou biologiques.

Mais surtout, et l’imposture est grande, ils se réfèrent au mouvement naturel instigué par Marcel Lapierre et Jules Chauvet. L’un, vigneron de Morgon, essayait de faire chanter le terroir et avait trouvé, dans les vinifications les plus naturelles, le moyen de rendre ses vins extraordinaires. L’autre, œnologue de génie mais très décrié, a été un anarchiste révolutionnaire dans la vision industrielle du vin, dans une époque où il était de bon ton de produire, de faire pisser la vigne plutôt que de faire de la qualité. Les vignerons qui se réfèrent à ces deux figures tutélaires devraient prendre soin de regarder à deux fois avant de réaliser des vins « natures ». Car Marcel Lapierre employait du soufre (notamment lors de la mise) et Jules Chauvet apportait une grande attention au travail sanitaire dans les chais. Deux phénomènes qui font aujourd’hui défauts dans de nombreuses propriétés se référant à ce mouvement.

Les journalistes ou blogueurs qui nous exaspèrent en mettant en avant les vins « nature », non pour leur qualité mais tout simplement pour la philosophie qu’ils prônent, feraient bien de relire Jules Chauvet, et notamment Esthétique du vin, avant de nous expliquer que les arômes fermentaires et d’écurie sont qualitatifs. Ils feraient bien d’aller sur place pour comprendre qu’il est possible de réaliser des vinifications sans entrants à une seule condition : posséder des raisins de grande qualité. Alors ils sauraient qu’il est possible de faire des vins naturellement, dans une vision globale de l’entité agricole et non avec la seule ambition de ne pas apporter d’intrants lors de la vinification.

Ils gagneraient en qualité et surtout en émotion. Car, que ce soit Marcel Lapierre, Jules Chauvet ou aujourd’hui, un homme comme Richard Leroy, ce qu’ils veulent c’est nous donner de l’émotion. C’est l’émotion qui doit prendre le dessus, pas la norme culturale. C’est le goût, les sensations organoleptiques, les émotions gustatives qui font qu’un vin est grand.

En voulant faire des vins « nature », l’alpha et l’oméga de l’agriculture, les journalistes et blogueurs, terroristes de la pensée unique, oublient souvent que le monde du vin est multiplicité, diversité et que c’est en cela qu’il nous réjouit.

Ils oublient aussi que nombres de consommateurs ne sont pas éduqués car le vin les rebute, leur fait peur. Il est dommageable de mentir pour arriver à des fins mercantiles et égotistes où le seul but est d’affirmer connaître alors que l’on ne sait rien. Je préfère dire aux consommateurs, laissez vous guider par vos sens, votre intuition, elle vaut beaucoup mieux que les phrases rédhibitoires de ces pseudo-dégustateurs. Laissez-vous guider par la phrase de Goethe :

« Le gâteau plaît à l’enfant, sans qu’il sache rien du pâtissier, et les cerises, au moineau, sans qu’il réfléchisse à la manière dont elles sont venues ». Conversations avec Eckermann, 28 Février 1831, p.394

17 commentaires

  1. Tous les vins naturels sont-ils bons ? Evidemment, non !
    En effet, au final, ce qui compte, c’est ce qu’on boit.

    Maintenant il se trouve, que depuis plusieurs années les seuls vins qui m’ont intéressé et plut sont des vins de vignerons comme Lapierre, Binner, Pfiferling, Dard & Ribo, Puzelat, Foillard, Metras, Aubery-Laurent (Gramenon), Foucher, Nicq et autres personnages aussi plaisants (car un bon vin ne peut être fait que par quelqu’un de bien).

    Il se trouve que depuis longtemps, les vins produits de façon non naturelle (rendements élevés, utilisation d’engrais, d’insecticides, d’herbicides, de pesticides, récolte mécanique, sans tri, ajout de levures, filtrage immodéré, soufrage aux limites acceptables, etc.) ne m’intéressent plus, ne me plaisent plus. Ces vins sont morts, produits comme en Champagne, par des chimistes essayant de reproduire le même goût tous les ans, quel que soit le climat. Ils cherchent à produire des vins qui peuvent être exportés facilement, résistant à des conditions de transport délicates et qui peuvent rester dans un container en plein soleil pendant des semaines.
    Je n’aime plus les vins boisés, lourds, sombres, bref en un mot parkerisés. Je n’aime plus les vins produits sur de grands domaines industriels juste destinés à générer du profit, sans respect de la terre, des clients ni des vignerons eux-mêmes.

    Je ne suis ni un bobo, ni un écolo. Et pourtant je ne bois quasiment plus que des vins natures, produits par des vignerons que je connais et dont j’apprécie le travail et la vision. Ca n’est pas une mode (je hais les modes) ou parce que je l’ai lu dans une certaine presse, c’est juste parce que c’est ce que JE PREFERE.

    Je teste régulièrement des nouveaux vins naturels et parfois oui, il y a des breuvages infâmes (et aussi des modes stupides). Nul besoin de le nier. Oui, faire du vin naturel est quelque chose d’exigeant, naturel ne veux pas dire paresseux.

    Au final, tous les vins naturels ne sont pas bons, mais dans l’ensemble, la proportion de mauvais vins est plus faible dans le naturel que dans le non-naturel. Enfin, c’est juste mon goût personnel, bien entendu.

    Cordialement, Erix.

    • mm

      Parfait Eric, je ne peux qu’être en accord avec vos choix. Ils sont étudiés, justifiés et logiques. Ce que je reproche c’est le discours ambiant qui consiste à dire qu’un vin nature qui put c’est normal parce qu’il est nature ! Là, je ne suis pas d’accord.
      Quand certains cavistes, sommeliers et journalistes nous disent que seuls les vins natures sont bons….je ne peux que contester.
      Pour Gramenon, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. J’en déguste régulièrement et je dois constater la très grande disparité dans une même caisse….Ce n’est pas normal. Chez Lapierre, je n’ai jamais eu ce souci.
      Je comprends ce que vous dites sur les vins boisés. Moi aussi. Je me tourne désormais vers des Clos des Papes, le Domaine des Enfants, des Bordeaux élégants et croquants. De nombreux vins me donnent du plaisir…..et tous ne sont pas « natures ». Loin de là.

  2. francois chaveriat

    laissez donc ces gens se gargariser de tant de mauvais vins , laisser donc ces vignerons s’ enfoncer dans ces certitudes nauséabondes (!!!!!!!! c est un comble) , et dites vous bien qu’ils laissent ,par leur convictions intégristes ,aux vrais amateurs, amoureux du vin pur , l’ opportunité de gouter des vins vrais helas produits en trop faible quantité.
    le vin n est pas un produit naturel, il est un produit civilisé , le vinaigre lui est naturel

    Francois , vigneron et caviste

    • mm

      François,
      Je suis critique en vins, journaliste et dégustateur international. Je ne peux laissez dire des choses ineptes au sujet des vins « natures ». C’est de mon devoir, d’essayer de rétablir un semblant de vérité…Juste un semblant à mon humble niveau.
      Merci pour votre commentaire.

  3. Vin nature !!!! Il y a de tout ..jusqu ‘a ce jour et ayant degusté des milliers de vins differents , je n ‘ ai jamais été ebloui par ces vins , d’autant plus que les prix sont souvent éléves .Un vin doit etre « travaillé » juste ce qu ‘il faut sans exces , un leger collage , une filtration grossiere sont suffisants sinon les vins sont « sechés » ?Mais de là à ne rien faire il y a un grand pas .Un de mes derniers vins de ce genre acheté a fiini au vinaigre apres 6 mois , vin sans soufre , difficile à obtenir le risque pour le consommateur est trop grand et inutile , quelques mmg de SO2 suffisent a proteger un vin et limiter les risques .On peut trouver des exceptions!Un vigneron connu pretendait ne pas utiliser de soufre , il le remplacait par acide citrique , on l ‘a decouvert à l ‘analyse …pas serieux ce monsieur .!

    • mm

      Bonjour,
      Merci pour ce commentaire. Je suis d’accord avec vous sur la nécessité de travailler « a minima » les doses de SO2 lors de la mise. Cela stabilise le vin et permet de meilleures conditions de transport. Car comment croire, en 2014, que le vin va être bu sans être transporté dans des conditions par toujours décentes.
      Pour l’acidité citrique, des nom que diable ! 🙂

  4. Quel débat stérile… En un sens, vous êtes pire que Bettane, qui a eu lui au moins la primeur des critiques. S’engager dans la voie du vin nature, c’est marcher dans les pas des vignerons que vous citez mais sans garantie de réussite car c’est le chemin le plus escarpé, et rappeler à vos lecteurs que cela comporte des risques revient à les prendre pour des imbéciles. Dans chaque « chapelle » vous en trouverez en quantités, votre article enfonce une volée de portes ouvertes. Citer Goethe c’est très bien (et vous semblez de plus insister sur la part des ses écrits traitant de la source des émotions et de leur réel intérêt), mais si vous aviez tenté de soumettre votre article à la même discipline il aurait probablement fini à la corbeille.
    Par ailleurs, je m’interroge beaucoup sur ce que peuvent bien penser vos quelques « confrères » journalistes (dont certains n’ont pas la chance d’être des « dégustateurs internationaux », sic) de la torture ignoble que vous réservez à l’orthographe… C’est sans doute un détail me direz-vous, mais j’ai eu mal pour elle.

    • mm

      Cher Monsieur,
      Je ne sais qui vous êtes mais apparemment un homme plein de souffrances pour parler ainsi….Nous ne vous obligeons pas à lire cet article, ni à venir sur le site. Ici, les avis sont libres et le débat ouvert aux hommes de bonne foi…
      Pour l’orthographe, merci de me dire ce qu’il en est…
      Cordialement,

      • Laurent Cerqueu

        En effet, comme vous dites je ne suis pas obligé de lire votre « prose », mais que voulez-vous, la curiosité est parfois un vilain défaut… surtout quand elle permet de mettre en lumière ceux des autres.
        Et si ici les avis sont prétendument libres et qu’en plus on encourage à la « bonne foi » je ne retirerai donc rien à mon commentaire. N’y voyez aucune volonté d’être pédant, il s’agit juste d’un témoignage rien de plus, les gens jugeront par eux-mêmes des arguments ça et là.
        Enfin, pas de soufrance de mon côté, sauf peut-être celle de perdre le pari de vous voir l’écrire avec un seul « f » 😉

    • mm

      après renseignements, vous êtes caviste orpailleur. Joli nom ou néologisme pour un homme voulant me donner des leçons. A vrai dire, vous êtes de ces gens qui vendent du rêve aux consommateurs en leur expliquant que les vins natures qui puent, c’est normal ! Je comprends mieux votre souffrance. Lisez Goethe et notamment le Jeune Werther, vous apprendrez qu’avec l’âge, la bêtise tend à disparaître.

      • Laurent Cerqueu

        Plusieurs choses (pardon d’être pointilleux, mais comme vous êtes journaliste…):
        – Orpailleur n’est pas un néologisme,
        – Je ne suis pas un donneur de leçon (de grâce, relisez-vous),
        – Je suis d’accord, certains vins natures puent, mais je rejoins la remarque d’Erix un peu plus haut: par combien de bouteilles excellentes faut-il passer avant d’en trouver une qui sente mauvais? (en comparaison avec la proportion effrayante de médiocrité dans le « tout venant »)
        – Dernier point: j’aimerais être aussi candide que vous lorsque vous affirmez en citant Goethe que la bêtise tend à disparaître avec l’âge, vaste débat que celui de l’inné et de l’acquis…

  5. Bonjour
    En 1999, ai goûté un très grand Bourgogne : ses arômes étaient complexes de sous bois. La couleur, je disais 25 ans d’âge mais je savais qu’il était plus vieux, voire très vieux….Bourgogne grand ordinaire irancy 100 % césar sans désherbant, sans chaptalisation ans autre merde dedans. Du grand art fait par le grand père de Claude Courtois. Redescendez sur terre messieurs, le vin nature cela a toujours existé. 1945 : des femmes en vinification pour beaucoup et sans produit chimiques car il y en avait pas à cause de la guerre.
    J ai de la chance d ‘être à Oslo où je goûte des vins d’ailleurs. je trouve que les natures autrichiens et italiens sont plus réguliers que les vins français. Là où je vous rejoins cher monsieur, c est que vous avez raison il y a des extrémistes comme partout et que tous les vins natures ne sont pas tous bons. c’est pour la raison qu il faut une école de vinification naturel mais sans oenologue car ils sont capables de nous standardiser les vins.
    mais vous devez accepter que le vin nature fait parti de notre patrimoine.
    Pour terminer : Zind humbrecht n est pas nature. Il y a trop de soufre pour moi.
    Un bio con
    Jean-Charles Botte sommelier (allergique aux produits chimiques dans le vin et dans la bière et qui boit du vin nature depuis 16 ans. )

    • Yohan Castaing

      Laurent Cerqueu,
      Encore un commentaire acerbe, haineux et, finalement, peu intéressant. Pourquoi dire que je fait de la censure car tous vos commentaires ont été mis en ligne. Ceux des autres idem.
      Maintenant, devant votre haine et votre peu d’ouverture d’esprit, je vous demande de ne plus venir sur le site pour y déposer des commentaires fallacieux. Oui à des commentaires/débats, même contre mes idées, non à la haine et à la bêtise.
      Et puis, très sincèrement, si je suis si pitoyable et mauvais, laissez moi dans mon coin et de donnez pas d’importance à mes écrits !!!! Bye

  6. Envoyé ici par un blog sur les vins puants, je retrouve un sujet récurrent ( à vocation publicitaire ?).
    Rien de neuf, oui les amateurs de vins naturels sont des bobos, localisés plutôt dans les grandes villes, tendance bio. Ils roulent en 4×4. Ils se font régulièrement avoir par des cavistes et ou des restaurateurs malhonnêtes qui leur vendent des trucs qui imbuvables. Comme ils sont idiots et de mauvais goût, ils y retournent. Ils sont contre les progrès de la science et manquant de curiosité ces imbéciles ne s’intéressent pas aux grands vins.
    Heureusement de vaillants journalistes luttent et résistent contre cette mode qui commence à trop durer dans l’unique but d’informer le consommateur.
    Sinon quelque chose de neuf à dire ?

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