Recette de limoncello maison : la liqueur de citron à faire soi-même

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Ecrit par Fabien Dubois

Rédacteur expert en vins et spiritueux depuis 2009. Passionné par le terroir français.

Le limoncello a quelque chose de magique. Cette liqueur de citron d’un jaune solaire, née sur les falaises de la côte amalfitaine, transporte immédiatement vers une table d’été, nappe blanche et assiettes encore tièdes. Préparé en recette maison, ce digestif devient plus qu’une simple boisson italienne : un geste de cuisine, presque un rituel, qui mêle patience, précision et plaisir de partager.

Le principe reste simple en apparence – une infusion de zestes dans l’alcool, adoucie par le sucre et l’eau – mais les détails changent tout : choix des citrons, durée de macération, type d’alcool, quantité de sucre, repos en bouteille.

Depuis quelques années, les ateliers de dégustation le confirment : un limoncello artisanal bien conduit enterre la plupart des versions industrielles. Couleur plus lumineuse, parfum de citron frais plutôt que d’arôme chimique, bouche plus soyeuse et moins brûlante. La bonne nouvelle ? Cette maîtrise n’est pas réservée aux bartenders de palaces.

Avec un zesteur, un bocal propre et un peu de discipline dans le calendrier, chacun peut recréer ce petit concentré d’Italie chez soi, puis l’utiliser aussi bien en apéritif léger qu’en digestif glacé, en pâtisserie ou dans les cocktails. L’objectif de ce guide : donner des repères fiables, des proportions claires et des variantes crédibles pour que votre prochaine bouteille raconte vraiment quelque chose.

En bref

  • Base de la recette : une liqueur de citron obtenue par infusion longue de zestes dans l’alcool, puis ajout d’un sirop de sucre et d’eau.
  • Ingrédients clés : citrons bio non traités, alcool neutre (40 à 95°), eau filtrée ou de source, sucre blanc ajusté selon le goût.
  • Temps : 15 à 30 jours de macération minimum, plus 2 semaines de repos après assemblage pour un limoncello maison bien fondu.
  • Usages : digestif glacé, base de cocktail, sirop pour imbiber un gâteau, touche aromatique dans les desserts au citron.
  • Maîtrise de l’alcool : dosage et degré final à adapter selon les envies, toujours avec modération.

Recette de limoncello maison pas à pas : des zestes au digestif glacé

Pour comprendre cette recette maison, rien de tel qu’un exemple concret. Léa revient d’un séjour sur la côte amalfitaine avec l’idée fixe de retrouver ce petit verre jaune servi à la fin de chaque repas.

Recette de limoncello maison pas à pas : des zestes au digestif glacé — bouteilles de limoncello maison citrons

Elle n’a pas de matériel de distillation, seulement une grande casserole, un zesteur, un bocal de deux litres et quelques bouteilles vides. C’est largement suffisant pour préparer un limoncello propre et expressif.

La base, c’est la proportion. Pour environ 1 litre de liqueur de citron, une formule très équilibrée consiste à utiliser 8 à 10 citrons bio, 500 ml d’alcool neutre, 400 ml d’eau et autour de 350 g de sucre. Avec ces quantités, on obtient un digestif autour de 30 °, à la fois aromatique et facile à boire, sans excès de brûlure en bouche. Léa commence donc par choisir des citrons brillants, assez gros, à la peau épaisse et solide sous les doigts : ce sont les zestes, chargés en huiles essentielles, qui feront la différence.

Vient ensuite le geste le plus déterminant : le prélèvement des zestes. Le but est de ne récupérer que la fine couche jaune, très parfumée, en laissant la partie blanche, le ziste, sur le fruit. C’est là que beaucoup de limoncellos ratés gagnent une amertume disgracieuse. Zesteur microplane, économe bien affûté ou couteau à lame fine : peu importe l’outil, à condition de visualiser ce que l’on fait et de contrôler l’épaisseur de l’écorce retirée. Une fois les zestes réunis, Léa les dépose dans son grand bocal en verre parfaitement propre, puis recouvre le tout avec l’alcool choisi.

La macération commence alors, et avec elle le travail de l’alcool qui va extraire les pigments jaunes et les composés aromatiques. Le bocal est stocké dans un placard, à l’abri de la lumière, et secoué tous les deux ou trois jours. Au bout d’une semaine, le liquide vire déjà au jaune paille. Après quinze jours, la couleur est plus profonde, le parfum de citron saisit dès l’ouverture. Beaucoup s’arrêtent là. Pourtant, ceux qui laissent filer jusqu’à 3 ou 4 semaines obtiennent souvent une complexité aromatique plus aboutie, avec des notes presque florales en plus du simple zeste.

Pendant que l’infusion travaille, Léa n’a pas jeté le jus des citrons. Elle l’a mis en bacs à glaçons pour un futur sorbet ou une citronnade. Surtout pas dans le limoncello : le jus apporterait une acidité trop forte, brouillerait l’équilibre et accélérerait le trouble ou le dépôt. Cette séparation nette entre zestes et jus est un point que beaucoup de débutants finissent par apprendre à leurs dépens.

Une fois la macération jugée satisfaisante, nouvelle étape : préparation du sirop. L’eau est portée à frémissement dans une casserole, le sucre ajouté progressivement en remuant, jusqu’à dissolution complète. Pas besoin de faire bouillir longtemps, au contraire : un bref passage sur le feu suffit. Le sirop est ensuite laissé à refroidir entièrement. On évite ainsi les chocs thermiques qui peuvent troubler durablement la liqueur.

Au moment de l’assemblage, l’alcool citronné est filtré une première fois dans une passoire fine, puis une seconde fois à travers un filtre à café ou un linge propre. Plus la filtration est soignée, plus la texture finale sera limpide et agréable. Léa mélange ensuite doucement ce liquide jaune et parfumé avec le sirop froid, goûte une petite cuillerée pour ajuster éventuellement la sucrosité, puis met en bouteille. Le limoncello paraît parfois un peu laiteux à cette étape : c’est l’émulsion naturelle entre les huiles essentielles du citron et l’eau du sirop, un phénomène recherché qui évoque celui de l’ouzo ou du pastis.

Dernière phase, que beaucoup bâclent : le repos. Laisser les bouteilles dormir deux semaines, voire un mois, au frais et à l’abri de la lumière, permet aux éléments de se marier, d’arrondir les angles alcooliques et de polir le bouquet. Servi glacé, directement sorti du congélateur, le limoncello maison de Léa coule alors comme un petit sirop brillant, avec une attaque franche d’écorce fraîche et une finale longue, citronnée, sans agressivité. C’est cette patience qui transforme une simple préparation maison en signature personnelle.

Ingrédients et matériel pour un limoncello maison vraiment aromatique

Le succès d’une recette maison tient rarement à un « secret » mystérieux. Souvent, ce sont les choix d’ingrédients qui font la différence. Dans le cas du limoncello, trois paramètres dominent : la qualité des citrons, la nature de l’alcool de base et la maîtrise du sucre. Un quatrième, plus discret, concerne le matériel : bocal, filtration, propreté des bouteilles. Quand ces quatre points sont alignés, la liqueur de citron gagne d’un coup en netteté aromatique.

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Le premier réflexe consiste à bannir les citrons traités. Puisqu’on travaille uniquement avec la peau, c’est la partie la plus exposée aux résidus de pesticides. Les citrons bio de Menton, de Corse ou de Sorrento restent des références, car leur écorce dense libère beaucoup d’huiles essentielles. Mais un bon primeur de quartier qui reçoit des agrumes non traités peut déjà fournir de quoi réaliser un très beau limoncello. On privilégie les fruits à maturité, d’un jaune intense, lourds dans la main, signe d’une pulpe bien juteuse et d’une peau riche.

Sur la question de l’alcool, les débats sont plus vifs. Certains ne jurent que par l’alcool pur à 95 °, d’autres préfèrent une vodka propre à 40 °. Les deux approches se défendent. Un alcool très fort offre une extraction aromatique intense et permet ensuite de rééquilibrer le degré final par l’ajout d’eau. Un alcool plus doux extrait un peu moins, mais donne une bouche plus ronde, parfois plus accessible aux palais sensibles. Pour affiner ces arbitrages, un tableau de correspondance des degrés et volumes, comme celui présenté sur le site tableau des doses d’alcool, peut éviter bien des approximations.

Concernant le sucre, un seul conseil mérite d’être répété : mieux vaut partir sur une dose raisonnable et ajuster ensuite, plutôt que d’alourdir la liqueur dès le départ. Entre 300 et 400 g par litre d’eau, la plupart des palais trouvent un confort de dégustation, mais rien n’empêche de viser un profil plus sec. Certains amateurs préparent même deux versions : un limoncello « dessert » plus sucré pour les glaces et les gâteaux, et un autre, plus tendu, pour l’apéritif ou les cocktails frais.

Le matériel, enfin, ne doit pas être choisi au hasard. Un bocal en verre à large ouverture, avec joint hermétique, facilite la macération et le brassage. Un zesteur de qualité évite d’arracher la partie blanche amère. Des filtres à café non parfumés ou une étamine permettent de clarifier la liqueur sans y laisser de fibres. Quant aux bouteilles, elles doivent être lavées et rincées avec soin, puis parfaitement sèches avant remplissage, sous peine de troubles ou de déviations aromatiques.

Pour visualiser quelques scénarios concrets de proportions, voici un tableau récapitulatif pour trois profils de limoncello maison :

Profil de limoncelloAlcool de base et quantitéEauSucreNombre de citrons
Classique équilibré500 ml alcool neutre 90-95 °400 ml350 g8 à 10 citrons bio
Version légère700 ml vodka ou alcool de fruits 40 °300 ml300 g10 citrons bio
Profil dessert500 ml alcool 90 °450 ml400 g10 à 12 citrons bio

Ce tableau n’a rien de rigide, mais sert de point de départ. Il montre surtout que jouer sur un seul paramètre, le sucre par exemple, sans tenir compte du degré de l’alcool ou de la puissance des citrons, conduit vite à des déséquilibres. Beaucoup d’amateurs gagnent à prendre des notes précises à chaque fournée : date de mise en macération, origine des citrons, quantités utilisées, impressions de dégustation. En deux ou trois essais, la recette maison se cale sur la préférence du foyer.

Pour ceux qui souhaitent creuser encore le sujet du degré d’alcool, des origines géographiques et de la conservation, une ressource détaillée comme ce dossier sur le limoncello permet de replacer la bouteille maison dans un contexte plus large, entre tradition italienne et pratiques actuelles. Là encore, comprendre ce que l’on a dans le verre augmente énormément le plaisir de dégustation, surtout quand on l’a fabriqué soi-même.

Quand ces choix d’ingrédients et de matériel sont posés avec lucidité, le terrain est prêt pour la partie la plus créative : personnaliser la liqueur de citron, lui donner des inflexions aromatiques qui la rendront immédiatement reconnaissable parmi toutes les autres.

Techniques de macération, erreurs à éviter et ajustements de sucre

La macération est au limoncello ce que la cuisson est au pain : un temps invisible mais décisif. Beaucoup veulent aller vite, goûter dès le troisième jour, forcer les arômes en pressant les zestes. Mauvaise idée. L’alcool sait travailler seul, à condition qu’on lui offre des conditions stables. Un bocal rempli aux trois quarts, fermé correctement, rangé au frais et à l’abri de la lumière pose déjà un bon cadre. Secouer doucement tous les deux ou trois jours suffit à remettre les zestes en suspension sans les maltraiter.

Le premier piège reste la durée trop courte. En dessous de quinze jours, le limoncello manque souvent de profondeur. Les notes citronnées restent superficielles, presque « parfum de bonbon ». Entre trois et quatre semaines, le spectre aromatique s’élargit, avec parfois une pointe de fleur blanche ou de citron confit. Au-delà de six semaines, le risque est d’entrer sur des nuances plus lourdes, un peu résineuses, surtout si les zestes étaient épais. L’idéal se trouve donc souvent dans cette fenêtre de 21 à 30 jours.

Autre erreur fréquente : inclure, volontairement ou non, une part du ziste, la pellicule blanche sous l’écorce. Certains pensent gagner en intensité, ils récoltent surtout une amertume qui écrase le reste. Mieux vaut prendre dix minutes de plus pour parer chaque citron proprement, quitte à en ajouter un ou deux pour compenser la perte de matière. Cette rigueur sur les zestes fait toute la différence à la dégustation, surtout une fois la liqueur servie très froide.

Vient la question du sucre. On rencontre souvent des limoncellos tellement chargés en sucre qu’ils saturent le palais dès la première gorgée. Ce n’est pas indispensable. Un bon repère consiste à commencer avec 300 g de sucre par litre d’eau, goûter après 48 heures d’assemblage, puis ajuster si besoin en ajoutant un peu de sirop concentré. Cette approche progressive donne plus de contrôle. Elle évite d’avoir une boisson italienne indigeste que l’on ne parvient pas à finir.

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Pour rendre cette étape plus concrète, voici une petite liste de réglages possibles après la première dégustation :

  • Liqueur trop forte en alcool : ajouter un peu d’eau, en petite quantité, puis laisser reposer une semaine avant de re-goûter.
  • Profil trop sec : préparer un sirop épais (même poids de sucre et d’eau), refroidi, puis l’incorporer en très faible volume.
  • Manque de citron : vérifier la durée de macération à la prochaine fournée et augmenter légèrement le nombre de citrons.
  • Amertume gênante : réduire le temps de macération au prochain essai et affiner les zestes pour éliminer la partie blanche.

Ces ajustements demandent un peu de sang-froid. Modifier une liqueur fraîchement assemblée sans lui laisser le temps de se poser conduit souvent à des sur-corrections. Laisser passer quelques jours entre chaque intervention permet aux sucres, à l’eau et à l’alcool de mieux se fondre, et au nez de se stabiliser. Dans les ateliers, les participants sont souvent surpris de constater à quel point un limoncello un peu dur le premier jour gagne en douceur après une semaine de repos au frais.

Par ailleurs, il vaut mieux éviter certaines tentations. Ajouter du jus de citron à la fin pour « réveiller » la liqueur casse l’équilibre naturel entre alcool et sucre, et augmente la sensibilité à l’oxydation. De même, introduire des sucres non raffinés, comme le sucre complet ou la cassonade foncée, modifie la couleur et le profil aromatique. On peut s’y risquer une fois qu’on maîtrise la version classique, mais mieux vaut ne pas tout mélanger lors des premiers essais.

En filigrane, une question revient souvent : comment mesurer précisément le degré d’alcool de son limoncello maison ? Les puristes utilisent un alcoomètre et font quelques calculs. D’autres acceptent une marge d’approximation raisonnable tant qu’ils respectent la règle principale : toujours servir avec modération et prévenir les invités que la jolie couleur jaune ne dit pas tout sur la puissance du verre. C’est ce rapport conscient à l’alcool qui distingue une pratique responsable d’un simple jeu avec une bouteille.

Une fois ces aspects techniques maîtrisés, le terrain devient propice aux variations. C’est là que le limoncello s’ouvre à d’autres agrumes, à des herbes, à des jeux de textures, pour devenir l’élément central de toute une petite bibliothèque de recettes.

Variations autour du limoncello : agrumes, herbes et usages en cuisine

Quand la recette de base est assimilée, beaucoup de gourmands ressentent le même réflexe que Léa : et si on s’amusait un peu ? Le cadre technique reste identique, mais le citron partage volontiers la scène. Mandarine, pamplemousse, orange amère, cédrat, bergamote… Chaque agrume apporte sa couleur, sa structure aromatique, son degré d’amertume. Certains vont même jusqu’à mêler deux ou trois espèces pour construire une liqueur plus complexe.

Un exemple simple consiste à glisser, dans le bocal de limoncello en préparation, quelques zestes d’orange amère. Résultat : une liqueur qui gagne une pointe de marmelade et une légère tension amère en finale, parfaite pour les cocktails. D’autres préfèrent carrément basculer sur un « arancello », une liqueur d’orange, en remplaçant tous les citrons par des oranges bio. La même logique fonctionne avec la mandarine, très appréciée pour sa douceur et son parfum presque confit.

Les herbes aromatiques constituent un autre terrain de jeu. Quelques feuilles de basilic frais ajoutées en fin de macération, une branche de thym citronné, un brin de romarin bien dosé… Toutes ces pistes modifient le profil du digestif sans le dénaturer. Il faut simplement rester modéré : les plantes ont vite fait de dominer le citron si on compte en branches plutôt qu’en feuilles. La bonne pratique ? Laisser infuser l’herbe quelques jours seulement, goûter régulièrement et retirer dès que l’équilibre semble trouvé.

Au-delà du verre servi glacé en fin de repas, le limoncello a une vraie place en cuisine. Du côté sucré, bien sûr. Quelques cuillerées dans la pâte d’un gâteau au yaourt, un sirop pour imbiber une génoise, un nappage sur une tarte au citron meringuée. Associé à des desserts italiens, il fonctionne encore mieux : un tiramisù aux fruits jaunes relevé au limoncello, un cheesecake citronné ou un gâteau à la ricotta et aux agrumes comme celui présenté sur cette recette de gâteau ricotta-citron. Dans tous ces cas, la liqueur apporte à la fois parfum et humidité, à condition de doser avec tact.

Côté glaces et sorbets, son intérêt est double. D’un côté, il renforce naturellement le goût de citron. De l’autre, sa teneur en alcool abaisse le point de congélation du mélange, ce qui donne des textures plus souples, moins cristallisées. Un sorbet citron-limoncello, par exemple, se cuillère plus facilement et fond en bouche en libérant une aromatique plus large que celle du simple jus de fruit. Là encore, il s’agit de trouver un équilibre entre la fraîcheur du dessert et la puissance alcoolique.

Quelques cuisiniers aventuriers n’hésitent pas à utiliser le limoncello en salé, par touches, un peu comme on le ferait avec un vin blanc. Une réduction à feu doux avec une échalote et un peu de crème peut donner une sauce citronnée intéressante pour un poisson blanc, à condition de rester très léger. Une marinade courte pour des crevettes grillées, avec huile d’olive, ail et herbes, profite également de cette note d’écorce sucrée-salée. Ce sont des pistes à réserver aux tables complices, curieuses, plutôt qu’à un premier dîner de famille.

Reste enfin sa vie en cocktail. Mélangé à du prosecco et à une eau gazeuse, il devient une variante ensoleillée du spritz. Secoué avec de la tequila blanche et un jus de citron vert, il remplace en partie le triple sec dans un twist de margarita, en apportant une touche plus naturelle de citron. Allongé simplement d’eau pétillante, servi sur glace avec une rondelle de concombre, il donne une boisson fraîche et aromatique, à siroter lentement en terrasse. À chaque fois, l’idée est la même : ne pas oublier que, derrière la douce couleur jaune, se cache une vraie dose d’alcool.

Quand on commence à multiplier ces expériences, on comprend pourquoi les familles italiennes gardent souvent plusieurs bouteilles au frais. La version de base, une autre plus amère pour les cocktails, une troisième plus douce pour la pâtisserie. On n’est plus seulement face à une boisson, mais à un ingrédient de cuisine à part entière, dont on apprend peu à peu le langage.

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Service, conservation et alternatives sans alcool pour retrouver l’esprit du limoncello

Un limoncello maison bien réalisé mérite d’être servi dans de bonnes conditions. Beaucoup le connaissent uniquement glacé, directement sorti du congélateur, presque sirupeux. C’est une manière de faire très plaisante, qui arrondit les angles et concentre le parfum. Mais servir cette liqueur légèrement plus chaude, autour de 8 à 10 °, révèle parfois des détails aromatiques insoupçonnés : pointe de fleur d’oranger, nuance de zeste confit, même une impression de crème citronnée pour les recettes les plus douces.

Le choix du verre joue aussi son rôle. Un petit verre à digestif, étroit et légèrement évasé, permet de concentrer les arômes et de faire tourner doucement le liquide. Pour les cocktails, on bascule naturellement sur des verres plus grands, mais le principe reste le même : laisser assez d’espace au-dessus de la boisson pour que le nez travaille autant que la bouche. Servir un limoncello dans un simple verre à eau, rempli à ras bord, revient à priver la dégustation d’une moitié de son intérêt.

Côté conservation, un limoncello à base d’alcool fort, correctement sucré, se garde sans difficulté un à deux ans dans une bouteille fermée, stockée à l’abri de la lumière et des fortes chaleurs. Les versions plus légères, faites avec de la vodka ou un alcool à 40 ° et peu sucrées, gagnent à être consommées dans les six à huit mois, surtout si la bouteille est régulièrement ouverte. Dans tous les cas, une règle domine : si la liqueur change brutalement d’odeur, développe des notes rances ou étranges, on s’abstient.

La question des alternatives sans alcool se pose de plus en plus souvent. Comment retrouver ce parfum intense de citron, cette sensation de digestif, sans alcool ? Une piste intéressante consiste à réaliser un sirop de citron très concentré, à base de zestes et de jus, infusé longuement puis filtré. On y ajoute un peu d’amertume avec quelques zestes d’orange amère ou de pamplemousse, voire une touche de gentiane sans alcool. Servi bien frais, coupé à l’eau gazeuse, ce sirop retrouve une partie de la magie du limoncello tout en restant accessible à tous.

Une autre approche, plus proche de l’univers des pâtisseries italiennes, consiste à utiliser ce sirop d’agrume sans alcool pour imbiber un biscuit, en écho à la liqueur servie à part pour les adultes. On garde ainsi une cohérence aromatique à table, sans imposer la même boisson à chacun. Dans un dîner de famille, cette distinction simple permet à tous de profiter de la même ambiance citronnée, chacun à son rythme et dans le cadre qui lui convient.

Un point mérite d’être rappelé explicitement : le limoncello, comme toute boisson contenant de l’alcool, s’adresse aux personnes majeures. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, et sa dégustation reste plus belle lorsqu’elle s’inscrit dans un moment choisi, serein, plutôt que dans une simple recherche de quantité. En somme, cette liqueur italienne se savoure comme un paysage liquide : on en prend une petite gorgée, on laisse venir les images de citronniers, de mer, de soleil, puis on repose le verre.

Au fond, c’est peut-être ce qui explique l’attrait durable du limoncello maison : derrière la technique, les proportions et les tableaux de dosage, il reste une boisson profondément conviviale, faite pour être racontée autant que bue. Ceux qui ont tenté l’expérience le savent : à peine la première bouteille vidée, on commence déjà à réfléchir à la prochaine macération, aux nouveaux citrons, aux ajustements de sucre, aux herbes à tester. Une boucle douce, entre cuisine et verre, qui a de beaux jours devant elle.

Quel type d’alcool utiliser pour un limoncello maison équilibré ?

Pour un limoncello maison, on peut utiliser soit un alcool neutre très fort (90 à 95 °), soit une vodka ou un alcool de fruits autour de 40 °. Un alcool fort donne une extraction aromatique plus intense et permet de régler ensuite le degré final avec l’eau. Une vodka de bonne qualité offre un résultat plus doux, parfois plus accessible. Dans les deux cas, on évite absolument l’alcool modifié non destiné à la consommation.

Combien de temps laisser macérer les zestes de citron dans l’alcool ?

Une macération de 15 jours donne déjà un limoncello agréable, mais la plupart des amateurs constatent un gain net entre 3 et 4 semaines. Au-delà de 6 semaines, le risque d’amertume ou de notes trop lourdes augmente, surtout si les zestes sont épais. Une fenêtre de 21 à 30 jours, avec un bocal stocké à l’abri de la lumière et légèrement agité tous les deux ou trois jours, reste une bonne référence.

Peut-on réduire la quantité de sucre dans la recette sans tout déséquilibrer ?

Oui, à condition de procéder par étapes. On peut commencer vers 300 g de sucre par litre d’eau, assembler, laisser reposer 48 heures puis goûter. Si le résultat paraît trop sec, il suffit d’ajouter un peu de sirop concentré (même poids de sucre et d’eau) bien refroidi. Cette méthode progressive évite de se retrouver avec un limoncello trop lourd, difficile à corriger ensuite.

Faut-il conserver le limoncello au congélateur ou au réfrigérateur ?

Le congélateur donne une texture sirupeuse très agréable et adoucit la perception de l’alcool, ce qui convient bien à une dégustation en digestif. Le réfrigérateur, autour de 4 °, laisse davantage s’exprimer les arômes fins du citron. On peut donc garder une bouteille de service au congélateur et les autres au frais ou dans un placard sombre, selon l’usage prévu. Dans tous les cas, la bouteille doit rester bien fermée.

Comment obtenir une version sans alcool qui rappelle le limoncello ?

Pour une alternative sans alcool, on prépare un sirop d’agrume concentré à base de zestes et de jus de citron, éventuellement complété de zestes d’orange amère ou de pamplemousse pour l’amertume. Après une infusion prolongée et une filtration soigneuse, ce sirop se sert allongé d’eau gazeuse, sur glace, ou s’utilise en pâtisserie. On retrouve une partie du parfum et de la fraîcheur du limoncello, sans degré d’alcool.

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