Giffard : histoire et présentation de ce fabricant de liqueurs et de sirops

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Ecrit par Fabien Dubois

Rédacteur expert en vins et spiritueux depuis 2009. Passionné par le terroir français.

Photo © Facebook Giffard Liqueurs & Sirops Malaysia 

  • Fondation en 1885 à Angers autour d’une idée simple et fraîche, la Menthe‑Pastille mise au point par un pharmacien herboriste, Émile Giffard.
  • Une entreprise familiale sur cinq générations, avec un passage de relais à la direction en 2024, et une diffusion dans plus de 90 pays.
  • Un savoir‑faire de distillerie centré sur la macération, l’infusion et la distillation, inscrit dans l’inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel fin 2024.
  • Une offre large de liqueurs, crèmes de fruits et sirops pour cocktails, cuisine et sans alcool, portée par un ancrage territorial angevin.
  • Des visites et ateliers qui ouvrent les coulisses du fabricant aux écoles, aux groupes et aux curieux, avec formats ludiques et pédagogiques.

Maison angevine née en 1885, Giffard a bâti son histoire autour d’une liqueur à la menthe devenue icône, puis d’une gamme complète de liqueurs, crèmes de fruits et sirops. L’ADN reste le même depuis le comptoir de pharmacie d’Émile Giffard jusqu’aux lignes modernes d’Avrillé et de Saint‑Léger‑des‑Bois : extraire des goûts francs et stables, sans masquer la nature du fruit ou de la plante. Ce fil rouge explique la confiance durable des bartenders comme des cuisiniers du quotidien.

En 2024, un double symbole a conforté ce cap : la transmission de la direction à la cinquième génération, et la reconnaissance nationale des « Connaissances et Savoir‑Faire des Liqueurs en France » dans l’inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel. Derrière les chiffres et les médailles, on trouve des gestes précis, des macérations longues, un tri exigeant des matières premières, et une pédagogie active par les visites. Ce guide retrace les étapes, les procédés et les usages concrets des produits Giffard pour vos boissons, vos recettes et vos moments de partage.

Giffard : histoire d’une distillerie angevine née en 1885

Tout part d’un comptoir d’Angers, été 1885. Émile Giffard, pharmacien herboriste, travaille la menthe poivrée, sélectionne une souche Mitcham et met au point une liqueur limpide, rafraîchissante, vite baptisée Menthe‑Pastille. Le succès local pousse le praticien à transformer sa pharmacie en distillerie. La bouteille devient une carte de visite du territoire, avec une promesse simple : fraîcheur nette, digestif franc, pureté aromatique.

Le siècle suivant scelle la trajectoire familiale. La maison s’ouvre aux crèmes de fruits, au guignolet d’Anjou, puis étoffe une offre de sirop qui trouvera sa place autant au bar qu’à la maison. Quatre générations s’y relaient jusqu’au duo Edith et Bruno Giffard, qui porteront la marque à l’international, en misant sur la qualité et sur le dialogue constant avec les barmen.

En 2010, l’entreprise iséroise Bigallet rejoint le périmètre. En 2014, une seconde unité de production à Saint‑Léger‑des‑Bois accompagne la croissance des sirops. En 2024, Edith transmet officiellement la direction générale à la cinquième génération, Pierre et Émilie. On parle ici d’une continuité assumée : des racines solides, une évolution sans renier l’esprit de départ, et une exigence de fabricant entretenue jour après jour.

Quelques repères chiffrés donnent l’échelle : environ 12 millions de bouteilles produites par an selon la maison, plus de 60 liqueurs et près de 90 parfums de sirops, un réseau présent dans plus de 90 pays. Cette ampleur n’efface pas l’obsession des matières premières ni le soin du détail. En pratique, chaque lancement de produit s’adosse à une trame sensorielle et à un usage à table ou en cocktail, jamais à une simple opportunité marketing.

Repères chronologiques utiles

Si vous découvrez Giffard aujourd’hui, voici un tracé clair pour situer l’essentiel et mieux lire les étiquettes historiques dans une cave ou un bar.

  • 1885 : création de la Menthe‑Pastille par Émile Giffard, pharmacien à Angers.
  • XXe siècle : déploiement des crèmes de fruits, guignolet et premières gammes de sirops.
  • 2010 : rapprochement avec Bigallet, maison familiale de sirops et liqueurs.
  • 2014 : nouvelle unité de production pour les sirops à Saint‑Léger‑des‑Bois.
  • 2024 : passage à la cinquième génération à la direction générale.
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PériodeFait marquantImpact sur la gammeSignal pour le consommateur
1885Naissance Menthe‑PastillePremière liqueur iconiqueFraîcheur mentholée, digestif clair
1950–1990Crèmes de fruits et guignoletExtension vers l’apéritif et dessertArômes de cassis, framboise, griotte
1990–2010Ouverture internationaleStandardisation qualité, nouveaux formatsDisponibilité accrue en CHR
2010–2014Bigallet et nouvelle usineMontée en capacité siropsRéférences plus lisibles pour les bars
2024Transmission 5e générationCap maintenu, innovations cibléesContinuité et lisibilité de la marque

Conclusion provisoire : comprendre l’histoire aide à choisir la bonne bouteille. Chez Giffard, les étiquettes racontent une tradition vivante qui a appris à parler au présent.

Giffard et ses sirops
Photo © Facebook Giffard Liqueurs & Sirops Malaysia 

Savoir‑faire et tradition du fabricant : macération, infusion, distillation

On parle souvent de recette secrète. Je préfère parler de méthode. La constance d’une liqueur repose sur trois piliers : qualité de la matière première, extraction ajustée, assemblage précis. Giffard s’est construit sur des techniques d’infusion, de macération et de distillation héritées des herboristes, avec une obsession : capter le goût juste du fruit ou de la plante sans maquillage inutile.

La macération reste la base pour les crèmes de fruits. On immerge la baie dans un alcool neutre afin d’en extraire arômes et couleur. L’infusion s’applique aux plantes plus délicates. La distillation, elle, sert quand on veut isoler un cœur aromatique très propre, par exemple sur des botaniques entières. L’équilibre entre ces trois voies fait la personnalité d’une maison.

Reconnaissance publique : fin 2024, les savoir‑faire français des liqueurs entrent dans l’inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel. Ce n’est pas qu’une médaille, c’est un garde‑fou. Cela encourage les maisons à documenter leurs gestes, à transmettre, à ouvrir les portes. Les visites et ateliers dont il sera question plus loin s’inscrivent précisément dans cette logique.

Les gestes qui changent tout

Au labo comme en chai, quelques décisions orientent la qualité finale. Voici une grille simple pour suivre le fil du goût.

  • Tri et maturité : matière propre, maturité pleine, variétés identifiées.
  • Solvant et temps : degré d’alcool, température, durée de macération mesurée.
  • Pilotage sucré : sucres choisis pour la texture, pas pour masquer.
  • Assemblage : lots fractionnés, dégustations à l’aveugle, corrections fines.
TechniqueUsage principalEffet sensorielExemple de produit
MacérationFruits rouges et à noyauCouleur intense, chair du fruitCrème de cassis
InfusionPlantes et agrumes délicatsFraîcheur, légèreté aromatiqueLiqueur de menthe
DistillationBotaniques, épices, zestesCœur net, longue finaleLiqueur d’agrumes
AssemblageHarmonisation des lotsÉquilibre sucre/alcool/arômesGamme Premium

Digression courte. Lors d’une verticale de menthe chez un producteur du Maine‑et‑Loire, j’ai senti cette note de chlorophylle croquante qui me renvoyait à un jardin après l’orage. C’est ce genre de détail que la macération sait préserver quand on la mène sans précipitation. Les grandes maisons se jugent à ces nuances.

Astuce budget : pour cuisiner un sirop à la menthe maison, dosez 1 volume de sirop Giffard pour 4 volumes d’eau et ajoutez un zeste de citron. Vous obtenez une base fraîche pour desserts et granités sans surdose sucrée. Question annexe : avez‑vous déjà essayé d’infuser du basilic quelques heures dans un sirop de fraise avant un sorbet minute ?

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Dernier mot de section : la technique est un moyen, pas une fin. Ce qui compte reste la netteté du goût au verre et à l’assiette.

Menthe‑Pastille, guignolet et liqueurs modernes : la gamme à l’épreuve des boissons

Giffard propose plusieurs familles : liqueurs (Classic, Modern, Premium), crèmes de fruits, sirop pour sodas, limonades et cocktails. Les signatures historiques côtoient des références plus contemporaines comme Peppermint Giff, Cocogif ou Mangalore. On passe de l’apéritif français à l’univers du bar à cocktails sans perdre la trame aromatique.

Sur les usages, je distingue trois axes. D’abord, les digestifs limpides comme la Menthe‑Pastille, servis très frais. Ensuite, les crèmes de fruits pour l’apéritif à la française, du blanc‑cassis à la mûre‑tonique. Enfin, la mixologie moderne où l’on dose au centilitre près pour équilibrer sucre, acidité et amertume. Si vous débutez, partez sur des recettes éprouvées et montez en liberté ensuite.

Pour aller plus loin sur les agrumes, le rôle du triple sec est déterminant dans l’équilibre d’un sour ou d’une Margarita. Vous pouvez creuser le sujet avec cet éclairage dédié au triple sec Giffard, et voir comment il redessine la ligne d’un apéritif d’été.

Idées d’utilisation concrètes

Voici une base pour démarrer à la maison, en variant les profils d’alcool et sans alcool.

  • Highball menthe : Menthe‑Pastille allongée à l’eau gazéifiée, zeste de citron vert.
  • Spritz rouge : crème de framboise, crémant brut, trait d’eau pétillante.
  • Collins agrumes : liqueur d’orange, jus de citron, sirop simple, allongé tonic.
  • Soda sans alcool : sirop de cassis Giffard, eau froide, rondelle de citron.
  • Dessert minute : sirop de fraise en nappage sur un yaourt grec, poivre long moulu.
FamilleDegré indicatifService conseilléUsage clé
Liqueurs Classic20–30 % vol.8–10 °C ou sur glaceDigestif, cocktails simples
Gamme PremiumVariableVerre tulipe, 10–12 °CMixologie, dégustation pure
Crèmes de fruits15–20 % vol.Fraîches, 8–9 °CApéritifs, desserts
Sirops0 % vol.4–6 °C avec eau plate ou gazeuseSans alcool, pâtisserie

Accord minute : pour un apéritif pétillant, testez la recette crémant, Cointreau et citron. Le principe fonctionne aussi avec une liqueur d’orange Giffard, un jus de citron frais et un crémant ligérien bien froid. Vous voulez explorer la partie agrumes plus en profondeur ? Jetez un œil à cet article sur le triple sec qui explique le dosage et l’équilibre aromatique.

Note de bon sens : L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Si vous préférez un service sobre, travaillez les sirops de fruits en allongeant avec une eau bien froide, ou une eau pétillante fine pour garder la précision du fruit.

Visites, tourisme de savoir‑faire et pédagogie gustative chez Giffard

Ouvrir les portes de l’atelier transforme la perception d’une liqueur. Depuis une quinzaine d’années, le site angevin reçoit le public, avec une offre qui va bien au‑delà de la visite guidée. Objectif déclaré par la maison : montrer la réalité d’un métier, replacer le geste de liquoriste dans un patrimoine vivant, et créer des retours réguliers grâce à des formats évolutifs.

Premier constat : le public s’est rajeuni. On observe désormais un équilibre entre visiteurs trentenaires et plus âgés. Les scolaires disposent d’un format « métiers » pour comprendre filière, sécurité et procédés. En soirée, lorsque les lignes ne tournent plus, place à des moments dédiés aux groupes : ateliers cocktails, escape games courts ou d’une heure, et même des sessions « impro cocktails » avec une troupe de théâtre locale. L’idée est simple : apprendre en s’amusant, avec un verre bien pensé plutôt qu’un défilé de dégustations.

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Formats de visite et bénéfices

Pour préparer une venue, voici une synthèse utile. Elle aide à choisir selon vos objectifs, que ce soit pour une classe, une équipe ou une bande d’amis curieux.

  • Visite guidée classique : découverte des ateliers, explication des procédés, dégustation raisonnée.
  • Visite métiers pour scolaires : focus orientation, sécurité, gestes techniques.
  • Atelier cocktail : initiation au dosage, verrerie, équilibre sucre/acidité.
  • Escape game 30 min ou 1 h : immersion ludique dans l’univers de la distillerie.
  • Impro cocktails : spectacle participatif, créativité cadrée.
FormatDurée typiquePublic cibleCompétence acquise
Visite guidée1 h 15Tous publics 18+Compréhension des procédés
Visite métiers45 minCollèges/LycéesDécouverte des métiers
Atelier cocktail1 h 30Groupes 18+Dosage et équilibre
Escape game 30’0 h 30Groupes mixtesImmersion et repères
Escape game 1 h1 h 00TeamsCoopération, logique

Soit dit en passant, ces formats servent aussi le territoire. Ils requalifient l’image de la liqueur auprès de visiteurs parfois persuadés d’un produit daté. On ressort avec des idées d’accords, des recettes simples et un vocabulaire plus précis. Pour une préparation maison, relisez comment le triple sec Giffard peut réinventer un apéritif à la belle saison.

Point final de section : ouvrir une distillerie, c’est choisir la transmission. La pédagogie fait autant pour la qualité perçue que les médailles.

Conseils pratiques pour choisir, servir et accorder les liqueurs et sirops Giffard

Vous voulez des résultats fiables sans matériel de bar sophistiqué ? Commencez par la verrerie, la température et le dosage. En trois repères, vous transformez un apéro moyen en moment net et précis. Les produits Giffard couvrent l’alcoolisé et le sans alcool, donc chacun trouve sa place à table.

Checklist rapide avant service : un gobelet doseur, de la glace solide, des agrumes frais. Ajoutez une eau pétillante fine pour allonger sans diluer les arômes. Gardez vos liqueurs au frais une heure avant service et travaillez au millilitre, pas à l’œil. C’est là que le cocktail cesse d’être approximatif.

Méthodes, températures et accords

Voici un guide de terrain pour la maison. À adapter selon votre palais et les occasions.

  • Températures : 8–10 °C pour liqueurs florales, 10–12 °C pour agrumes, 6–8 °C pour sirops allongés.
  • Glaces : gros cubes pour limiter la dilution, pas de glace creuse.
  • Dosage : 2 cl de liqueur + 10 cl d’allonge pour un apéritif léger, 3 cl si vous servez au dessert.
  • Sans alcool : 3 cl de sirop + 12 cl d’eau pétillante, zeste express.
ContexteProduitTempératureAccord suggéré
ApéritifLiqueur d’orange10–12 °CTartine d’anchois, zeste d’orange
Fin de repasMenthe‑Pastille8–9 °CChocolat noir 70 %, glace pilée fine
DessertCrème de cassis8–9 °CFromage blanc, granola, fruits rouges
Sans alcoolSirop de fraise6–8 °CEau pétillante, basilic frais

Pour un service pétillant maîtrisé, suivez une méthode express au crémant qui tient en trois gestes. Et si vous explorez les agrumes, gardez en tête le rôle structurant d’un bon triple sec dans la colonne vertébrale aromatique d’un cocktail court. En cuisine, un filet de sirop de pamplemousse réduit au feu doux nappe très bien une tarte aux amandes.

Alternative sans alcool : sirop de pêche blanche, eau plate glacée, trait de jus de citron vert. C’est franc, net, et ça accompagne une salade de tomates anciennes au basilic. Question pour vous : quel sirop détournez‑vous en cuisine salée, et comment l’avez‑vous équilibré ?

Note d’éthique : L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Servez, goûtez, échangez, mais gardez le rythme de vos convives.

Envie d’un dernier clin d’œil ? Les agrumes se marient bien aux bulles. Relisez comment réinventer vos apéritifs avec une base d’orange, ou testez la version crémant, Cointreau, citron ce week‑end.

Quelle est l’origine de la Menthe‑Pastille Giffard ?

Elle naît en 1885 à Angers. Émile Giffard, pharmacien herboriste, met au point une liqueur de menthe limpide et rafraîchissante. Le succès est immédiat et lance la distillerie familiale.

La maison Giffard propose‑t‑elle des formats sans alcool ?

Oui. La gamme de sirops permet de créer des boissons sans alcool, des sodas maison et des desserts. C’est aussi un bon terrain d’entraînement pour travailler l’équilibre sucre/acidité.

Peut‑on visiter les ateliers de production ?

Des visites guidées existent depuis plusieurs années, avec des formats adaptés au grand public, aux scolaires et aux groupes en soirée. Ateliers cocktails et escape games complètent l’offre.

Comment bien doser une liqueur dans un cocktail ?

Comptez 2 cl pour un apéritif léger allongé, 3 cl pour un cocktail plus intense. Travaillez au doseur, sur glace solide, et ajustez l’acidité au citron frais.

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