Biscuiterie de Provence : spécialités et histoire de la marque

Photo of author
Ecrit par Fabien Dubois

Rédacteur expert en vins et spiritueux depuis 2009. Passionné par le terroir français.

Aux portes de la Drôme provençale, la Biscuiterie de Provence incarne une facette discrète mais essentielle du patrimoine gourmand français. Derrière cette marque devenue repère pour de nombreuses épiceries fines se mêlent une histoire familiale longue de plusieurs générations, un attachement tenace au terroir et une obsession assumée pour l’amande.

Navettes à la fleur d’oranger, Craquantes aux amandes, Croquettes de Vinsobres ou encore Canistrelli au citron composent un paysage de spécialités où chaque biscuit raconte un morceau de Provence, entre oliviers, vignes et collines calcaires.

La maison a construit sa réputation sur un socle clair : un artisanat scrupuleux, un choix d’ingrédients bio quand c’est possible, et un travail constant pour adapter les recettes aux attentes actuelles sans renier la tradition. Les biscuits sans gluten côtoient ainsi les grands classiques beurrés, et les formats en vrac répondent aux envies de réduire les emballages sans sacrifier les saveurs.

En filigrane, une conviction revient toujours : la qualité d’un biscuit ne dépend ni d’un décor sophistiqué ni d’un discours marketing, mais de ce qui se passe vraiment dans le four, au contact de la chaleur.

En bref

  • Une Biscuiterie de Provence familiale façonnée par six générations autour de la transformation des amandes et des produits du sud.
  • Des spécialités emblématiques : Navettes, Craquantes aux amandes, Croquettes de Vinsobres, Canistrelli, biscuits du Petit Duc.
  • Une histoire récente structurée : création en 1995, site moderne à Saint-Maurice-sur-Eygues, virage bio dès 2009, rachat du Petit Duc en 2019.
  • Un style de gourmandise actuel : moins de sucre, forte part de bio, formats en vrac, options sans gluten, tout en restant fidèle aux saveurs de Provence.
  • Une visite de fabrique et un showroom pour découvrir le terroir, déguster sur place et repartir avec un pan de tradition dans ses bagages.

Biscuiterie de Provence : une histoire de famille entre amandes et terroir

L’histoire de la Biscuiterie de Provence ressemble à ces récits que l’on partage à table, un soir d’été, quand les cigales se taisent enfin. Tout commence au XIXe siècle, avec un ancêtre qui commerçait déjà les richesses locales : amandes, tilleul, noyaux d’abricots, queues de cerises.

Biscuiterie de Provence : une histoire de famille entre amandes et terroir — assortiment de biscuits provençaux traditionnels

Ce commerce de fruits secs et de plantes médicinales trace la première ligne d’une saga familiale où la Provence n’est jamais un simple décor, mais une matière première à part entière.

Au fil des décennies, la famille affine son savoir-faire autour de l’amande. On la transforme, on la trie, on l’assemble avec d’autres produits du terroir. L’idée d’une biscuiterie dédiée s’impose peu à peu. En 1995, Geneviève et Jean-Louis Bédouin fondent officiellement la Biscuiterie de Provence à Visan. Deux recettes signent d’emblée la personnalité de la jeune entreprise : la Croquette de Vinsobres, biscuit croquant truffé d’amandes, et le Suprême du Ventoux, un gâteau moelleux aux amandes sans farine, précurseur sur le marché du sans gluten.

Ces deux créations posent clairement le projet : s’appuyer sur la tradition provençale tout en assumant une dose d’audace. L’amande devient le fil rouge. Elle est travaillée en forte proportion, sans artifice, souvent avec seulement quelques autres ingrédients triés sur le volet. Cette simplicité revendiquée tranche avec une époque déjà fascinée par les listes d’additifs à rallonge. D’ailleurs, ce refus du gadget compose encore aujourd’hui l’un des points fixes de la maison.

En 2002, la relève est assurée par Jean-Paul et Frank Bédouin. Le duo élargit la gamme, notamment avec les Croquets de Provence, une collection de biscuits apéritifs aux parfums de pistou, tomate, ail ou herbes, façon carte postale comestible de la région. Le salé rejoint le sucré, la Biscuiterie s’invite désormais autant à l’apéritif qu’au dessert. Dans les ateliers, on revendique une ligne assez nette : travailler des saveurs identifiables, franches, plutôt que d’empiler les effets.

Le tournant se poursuit en 2006 avec l’ouverture d’un site de production moderne à Saint-Maurice-sur-Eygues. Cette installation permet notamment de séparer les lignes de fabrication et d’offrir une vraie sécurité aux personnes sensibles au gluten. On passe d’une petite unité à une fabrique structurée, mais l’obsession reste la même : transformer des ingrédients simples en biscuits qui ont du relief en bouche. Le mot « fabrique » prend ici tout son sens, dans cette tension permanente entre exigence technique et chaleur artisanale.

Autre date clé : 2009. La maison lance ses premières recettes certifiées bio. À l’époque, le mouvement reste encore marginal chez les biscuitiers traditionnels. Du coup, le choix est assumé comme un pari. Il se révélera payant. Aujourd’hui, la part du bio pèse lourd dans la production globale et a ouvert les portes de nombreux magasins spécialisés, sans fermer celles des épiceries fines classiques. Cette bascule vers le bio n’a pas modifié la colonne vertébrale : l’amande, toujours, et le terroir comme horizon.

L’année 2019 voit un nouvel élargissement avec le rachat du confiseur Le Petit Duc, maison provençale connue pour ses biscuits d’antan et ses calissons carrés, plus riches en fruits confits que la moyenne. En intégrant le Petit Duc, la Biscuiterie de Provence s’offre une mémoire élargie, celle des traditions sucrées du XVIIe au XXe siècle, tout en apportant son expérience de la production contemporaine. Ce dialogue entre deux maisons renforce un peu plus l’idée de « patrimoine en mouvement » qui caractérise cette biscuiterie pas tout à fait comme les autres.

Au final, impossible de réduire cette histoire à une simple success-story. On y lit plutôt une série de choix cohérents autour de quelques boussoles : l’amande, la Provence, la qualité et le plaisir assumé. Le reste n’est qu’une question de patience et de cuisson juste.

Spécialités de la Biscuiterie de Provence : navettes, craquantes, canistrelli et croquettes

Dès que l’on ouvre une boîte de la Biscuiterie de Provence, un paysage se dessine. On y retrouve les Navettes, les Craquantes aux amandes, les Canistrelli, les Croquettes de Vinsobres, parfois réunies dans un même coffret café gourmand. Ces spécialités ne sont pas de simples variantes de pâte sucrée : chacune a sa texture, son tempo, son moment idéal de dégustation. L’erreur fréquente consiste à tout goûter d’un trait, comme un marathon. Mieux vaut les aborder comme une petite dégustation, avec un verre d’eau, voire un thé léger entre deux.

Les Navettes occupent une place particulière. Symbole presque officiel des biscuits de Provence, elles se présentent ici en version bio à la fleur d’oranger ou à l’anis. Leur texture légèrement sablée offre un compromis rare, entre croquant et tendresse. La fleur d’oranger apporte un parfum délicat, pas envahissant, qui appelle tout de suite un café serré ou une infusion de verveine. La version à l’anis, plus typée, trouve facilement sa place après un repas méditerranéen, avec un vin doux naturel ou un simple café allongé.

A lire également :  Choux farci : recette de grand-mère généreuse et réconfortante

Les Craquantes aux amandes, elles, portent bien leur nom. Petits biscuits secs riches en amandes, devenus une spécialité emblématique en Provence, elles misent sur la densité. Là encore, les ingrédients sont bio et la proportion d’amandes généreuse. En bouche, cela donne un biscuit qui se mâche, qui tient tête à un thé noir corsé ou à un café de moka. Sur une table de fin de repas, ces Craquantes peuvent remplacer avantageusement un dessert trop lourd, accompagnées d’une salade d’agrumes toute simple.

La maison propose aussi une version en pack café gourmand, associant Navettes à la fleur d’oranger, Craquantes aux amandes et Canistrelli au citron. Ce trio fonctionne presque comme une mini-carte de dégustation. La Navette ouvre le bal sur la douceur florale, la Craquante apporte la matière et l’intensité d’amande, le Canistrelli conclut sur une note citronnée qui réveille le palais. Pour un goûter, c’est une combinaison qui fait mouche, à condition de ne pas oublier un bon jus de fruits frais pour les plus jeunes.

Les Canistrelli, d’origine corse, ont été adoptés puis réinterprétés. En version bio au citron, ce sont de petits biscuits intensément croustillants, au bon goût de zeste. Là encore, les ingrédients proviennent de l’agriculture biologique, ce qui ne change rien au plaisir immédiat, mais rassure ceux qui lisent les étiquettes. On les imagine bien sur la table d’un brunch, aux côtés d’un fromage frais de brebis, de confiture d’abricot et d’un café filtre. Leur côté sec et aromatique les rend aussi pratiques à emmener en randonnée, pour une pause sucrée face aux vignes.

Impossible de passer à côté des Croquettes de Vinsobres, biscuits typiques de la région, composés de 20 % d’amandes et seulement cinq ingrédients. Ici, la recette joue la carte du dépouillement assumé. Un biscuit qui craque franchement sous la dent, dont le goût remue souvent des souvenirs d’enfance. La version amande et chocolat, créée pour les 110 ans de la Croquette, pousse le curseur un peu plus loin : 19 % d’amandes, 19 % de chocolat, slogan maison « la tradition, le chocolat en plus ». Ce n’est pas de la pâtisserie pour flâner, c’est un biscuit qui pose ses valises en bouche.

Ces Croquettes existent aussi sous forme de poudre à pâtisser. C’est l’un des détours les plus malins de la maison : transformer un biscuit culte en ingrédient de base pour gâteaux, crumbles, fonds de tarte. Une cuillère de poudre de Croquettes dans une pâte à quatre-quarts suffit à apporter une saveur d’amande grillée difficile à reproduire autrement. Pour qui aime bricoler en cuisine, cette aide culinaire change le profil de nombreux desserts, sans imposer un mode d’emploi compliqué.

Pour ceux qui aiment les objets autant que les biscuits, les boîtes métal embossées ou les boîtes collector de Croquettes de Vinsobres ajoutent une dimension presque fétichiste à la dégustation. Boîtes vertes ou jaunes, motifs inspirés du biscuit typique, coffrets garnis de Navettes, Craquantes et Canistrelli… Ces contenants prolongent le geste gourmand bien après la dernière miette. Souvent, ils finissent remplis de thé en vrac, de photos ou de souvenirs de vacances. Preuve que le lien affectif créé par ces spécialités dépasse largement la simple pause sucrée.

Un dernier détail mérite l’attention des amateurs : la déclinaison en format vrac des Navettes, Craquantes, Canistrelli et Croquettes. Cette option parle autant aux grands gourmands qu’à ceux qui cherchent à limiter les emballages. On peut ainsi remplir un bocal de cuisine de Navettes à la fleur d’oranger, piocher une Croquette de Vinsobres au retour du marché, ou proposer un bol de Canistrelli en fin de repas, sans la moindre boîte plastique à jeter. La gourmandise retrouve alors un geste simple et quotidien.

Une tradition vivante : artisanat, qualité des ingrédients et engagement bio

Derrière les vitrines remplies de biscuits dorés, le cœur du projet repose sur trois pieds qui se renforcent entre eux : l’artisanat, la qualité des ingrédients et un engagement clair vers le bio et des modes de production plus sobres. Sans ce socle, la Biscuiterie de Provence ne serait qu’une étiquette de plus au rayon gourmandises. Ce sont ces choix de fond qui expliquent sa présence durable sur les étagères des épiceries fines et des magasins bio.

Côté ingrédients, la règle est connue de toute l’équipe : partir des matières premières les plus nobles possibles, issues du bassin méditerranéen dès que c’est cohérent. Les amandes viennent volontairement d’Espagne, d’Italie et, dans une moindre mesure, de Provence. Pas par snobisme, mais parce que les volumes français restent encore faibles face aux besoins. Le pari, exprimé à voix haute par la direction, est clair : l’amande française a de l’avenir, notamment comme alternative à la vigne dans certaines zones touchées par le changement climatique.

Les biscuits phares comme les Navettes, Craquantes, Canistrelli ou Croquettes sont proposés en version bio, parfois exclusivement. Farines, sucres, œufs, huiles sont choisis dans cette logique, avec un travail régulier sur la teneur en sucre et en matières grasses. L’idée n’est pas de transformer ces spécialités en produits « light » sans goût, mais de viser une gourmandise plus nette, moins saturée. On le sent bien sur certaines recettes où le parfum d’amande ou de citron prend le dessus, sans être noyé dans le sucre.

Sur le plan de la fabrication, le terme « artisanat » ne signifie pas retour en arrière, mais plutôt maîtrise de chaque geste. Même dans un site moderne comme celui de Saint-Maurice-sur-Eygues, les phases clés restent surveillées à l’œil nu : coloration de la pâte, cuisson, texture après refroidissement. Une Navette trop pâle manque de relief, une Croquette de Vinsobres trop cuite perd son équilibre. Les équipes apprennent à lire ces signaux, comme un vigneron lit la couleur de son moût.

Pour ceux qui visitent la fabrique et le showroom, cette réalité se voit vite. Derrière la vitre, on découvre des lignes organisées, mais aussi des gestes très concrets : pesées manuelles, vérification des fournées, tri. Un peu à la manière des ateliers de pâtisserie régionale qui ouvrent leurs coulisses, la Biscuiterie de Provence assume ce mélange de rigueur industrielle et de coup d’œil humain. Ce n’est pas de la production anonyme ; on peut discuter avec ceux qui ont sorti la dernière fournée de Canistrelli.

A lire également :  Danger de la figue sèche : ce que vous devez savoir avant consommation

L’engagement en faveur d’une gourmandise plus saine s’exprime aussi sur d’autres terrains : réflexion sur les emballages, formats en vrac, tri des déchets, attention portée à la consommation d’eau. Le choix de proposer Navettes, Craquantes, Canistrelli et Croquettes de Vinsobres en vrac s’inscrit dans cette démarche. Moins d’emballage, plus de liberté pour le consommateur qui remplit son bocal à la maison. Ce geste simple change la relation au produit : on passe du « paquet jetable » à une réserve de biscuits qui vit dans la cuisine, au quotidien.

Pour mieux visualiser la façon dont ces engagements se traduisent concrètement dans la gamme, on peut comparer quelques produits phares.

SpécialitéProfil de saveursParticularités de recetteMoments de dégustation conseillés
Navettes bio fleur d’orangerFlorale, douce, légèrement sabléeIngrédients 100 % bio, parfum de fleur d’oranger maîtriséCafé du matin, goûter, fin de repas avec infusion
Craquantes bio aux amandesIntense en amande, texture sèche et croquanteBiscuits riches en amandes, uniquement des ingrédients bioAvec un thé noir, en substitution d’un dessert trop sucré
Canistrelli bio au citronCitronné, vif, très croustillantOrigine corse réinterprétée, 100 % bio, format idéal pour le vracBrunch, pause rando, plateau d’agrumes
Croquettes de VinsobresAmande grillée, croquant prononcé20 % d’amandes, seulement 5 ingrédientsAvec un café, un vin doux ou en poudre dans des pâtisseries

Ce tableau montre bien une chose : la cohérence interne de la gamme. Même si les profils aromatiques varient, l’ossature reste la même : peu d’ingrédients, une amande souvent très présente, une volonté de coller aux usages de dégustation réels. C’est peut-être là l’un des points les plus intéressants pour le lecteur : choisir ses biscuits comme on choisit ses vins, en fonction du moment, des gens autour de la table et de l’intensité recherchée.

En résumé, parler d’artisanat et de qualité chez la Biscuiterie de Provence ne relève pas du slogan. C’est une manière de tenir ensemble des exigences parfois contradictoires : offrir des saveurs nettes, respecter le terroir, réduire l’impact environnemental et rester accessible au quotidien. Peut-être que la clé se trouve dans une évidence : un bon biscuit n’a rien à cacher.

Conseils de dégustation : comment accorder les biscuits de Provence à la table du quotidien

Une fois le placard rempli de Navettes, Craquantes, Canistrelli, Croquettes et biscuits du Petit Duc, reste une question très concrète : comment les glisser dans la vie de tous les jours sans les réserver uniquement aux grandes occasions ? La tentation de tout grignoter sur le coin du plan de travail existe, bien sûr, mais ces spécialités gagnent à être associées à des boissons, des fruits, ou même à certains fromages. On verse alors dans un jeu d’accords aussi réjouissant qu’avec une belle bouteille.

Pour commencer, un principe simple : plus le biscuit est sec et intense (Croquettes de Vinsobres, Craquantes aux amandes, certains Triangles aux amandes), plus il supporte un accompagnement puissant. Un café serré, un thé noir corsé, un vin doux naturel ou un muscat frais feront le lien. À l’inverse, les biscuits plus délicats et parfumés (Navettes à la fleur d’oranger, Canistrelli au citron, Folies de Paulette) se marient mieux avec des boissons plus douces, des infusions, voire des jus de fruits de saison pressés maison.

Pour guider les essais, quelques repères peuvent aider.

  • Navettes bio fleur d’oranger : café allongé, infusion de verveine ou de tilleul, vin doux blanc très discret en fin de repas.
  • Navettes à l’anis : espresso, pastis sans eau en micro-dose avec un glaçon pour les plus curieux, ou bien anisette sans alcool.
  • Craquantes aux amandes : thé noir (Yunnan, Assam), café moka, lait d’amande légèrement tiède pour un goûter apaisant.
  • Canistrelli au citron : thé vert aux agrumes, eau pétillante avec un zeste de citron, cidre brut bien frais.
  • Croquettes de Vinsobres : café très court, banyuls ou Rivesaltes ambré, bière brune légère.

Au-delà des boissons, ces biscuits peuvent jouer un rôle à table. Des Croquettes de Vinsobres grossièrement concassées remplacent avantageusement un crumble sur des poires rôties. Des Canistrelli écrasés en poudre fine forment un fond parfait pour une tarte au citron sans pâte classique. Une ou deux Folies de Paulette émiettées sur un yaourt grec ajoutent une touche de fruits confits et d’agrumes, idéale pour un dessert improvisé.

On sous-estime souvent aussi la force des contrastes. Une Craquante aux amandes peut s’accorder avec un fromage à pâte persillée, type bleu léger, en jouant sur l’opposition entre le gras salé et le croquant sucré. Un Trèfle au Muscat du Petit Duc, servi avec un verre de vin muté, transforme un simple plateau de fromages et biscuits en moment de dégustation assumé. Pour qui aime recevoir, proposer ce type d’accords reste une manière simple de « raconter » la Provence à ses invités sans sortir la carte routière.

Certains biscuits trouvent même leur place au petit-déjeuner. Les Navettes à la fleur d’oranger, trempées dans un bol de café au lait, réveillent des souvenirs de vacances à la mer. Les Canistrelli au citron accompagnent un bol de fromage blanc, avec un filet de miel de garrigue. Les Triangles aux amandes remplacent le pain grillé pour les jours où le temps manque. Là encore, l’idée n’est pas de tout transformer en repas de fête, mais de donner à ces spécialités une place dans la routine.

Pour ceux qui aiment cuisiner, la poudre de Croquettes de Vinsobres mérite un chapitre entier. Glissée dans une pâte à cookies, elle renforce la saveur d’amande sans déséquilibrer la texture. Mélangée à du beurre fondu et du sucre blond, elle forme un fond parfait pour un cheesecake aux agrumes. Incorporée à une pâte à crumble, elle remplace une partie de la farine et du sucre, apportant croustillant et parfum en même temps. On peut même imaginer une croûte de Croquettes autour d’un camembert rôti au four, pour un apéritif un peu décalé.

A lire également :  Rôti de veau au four : cuisson, temps et astuces pour une viande tendre

Enfin, un mot sur la conservation. Les biscuits secs comme les Croquettes, Craquantes, Canistrelli ou Navettes supportent très bien le temps, à condition de les garder dans une boîte métallique ou un bocal bien fermé. Les coffrets collector et les boîtes embossées de la Biscuiterie de Provence ne servent pas qu’à faire joli : ils jouent un vrai rôle pour préserver la texture et les saveurs. Un bon réflexe consiste à noter au crayon la date d’ouverture à l’intérieur du couvercle pour suivre un peu ses stocks.

En somme, accorder les biscuits de Provence au quotidien, c’est accepter de les voir comme de vrais partenaires de table, pas comme un simple snack anonyme. La différence, on la ressent vite : un café de fin de repas, accompagné d’une Navette ou d’une Croquette bien choisie, ne raconte plus la même histoire.

Une marque entre patrimoine et gourmandise de demain

Ce qui distingue la Biscuiterie de Provence dans le paysage actuel, ce n’est pas seulement la diversité de ses spécialités ou la longueur de son histoire. C’est la manière de tenir ensemble un héritage profondément ancré en Drôme provençale et une lecture lucide des défis à venir : climat, disponibilité des matières premières, attentes nutritionnelles, emballages. Peu de maisons régionales assument aussi clairement ce double discours : ancrage et adaptation.

Le discours de Frank Bédouin sur l’avenir de l’amande française en dit long. Face à des vignes parfois fragilisées, l’amandier réapparaît comme une option crédible dans certaines zones méditerranéennes. Pour une biscuiterie construite sur cette matière première, ce mouvement représente autant une opportunité qu’une responsabilité. S’approvisionner au plus près, soutenir des filières locales, suivre les évolutions agronomiques devient alors presque aussi stratégique que de créer une nouvelle recette de Canistrelli.

Sur le volet nutritionnel, la maison assume une position que beaucoup regardent de loin : travailler des biscuits qui procurent toujours autant de plaisir, avec un peu moins de sucre et de matières grasses, sans compromis sur les saveurs. On est loin des discours de régime. L’objectif consiste plutôt à mieux doser, à laisser parler les ingrédients, à ne pas saturer le palais. Les Croquettes de Vinsobres illustrent bien ce parti pris : cinq ingrédients, une grosse présence d’amandes, rien de superflu.

La réflexion sur les emballages rejoint ce mouvement. Passage au vrac pour une partie de la gamme, boîtes collector réutilisables, travail sur la réduction des plastiques : autant de chantiers qui se voient, même de l’extérieur. Pour le consommateur, le message est clair : la gourmandise n’a pas besoin de se dissimuler derrière des couches de packaging. Un biscuit bien fait se suffit à lui-même, à condition d’être correctement protégé de l’air et de la lumière.

Dans un contexte où les marques se multiplient à vitesse grand V, cette maison provençale rappelle aussi quelque chose de plus rare : une tradition ne vaut que si elle reste partagée. Visites de la fabrique, showroom avec salon de thé, mise en avant de producteurs locaux dans l’espace boutique, transmissions de recettes et d’idées d’accords… Tout converge vers une même idée : remettre le biscuit au centre de la table, pas seulement sur un rayon.

Au passage, la Biscuiterie de Provence s’inscrit dans une constellation plus large de maisons régionales qui font vivre la France gourmande, entre madeleines de l’est, sablés bretons et spécialités du sud-ouest. Chacun travaille son territoire, ses ingrédients, ses gestes, mais tous partagent la même conviction : une bonne marque ne se définit pas par le volume de publicité, mais par le nombre de souvenirs qu’elle crée. Un peu comme ces madeleines limousines qui traversent les générations, les Croquettes de Vinsobres ou les Navettes à la fleur d’oranger finissent par s’inscrire dans la mémoire familiale.

Ce qui reste après la visite d’un tel univers, ce n’est pas seulement le goût d’une Navette ou le croquant d’une Craquante. C’est un sentiment plus diffus : la certitude que la Provence ne se résume pas à une image de carte postale, mais qu’elle s’incarne aussi dans ces biscuits qui font crisser les miettes sur la nappe. À chacun, ensuite, d’écrire la suite de cette histoire autour de sa table.

Où trouver les biscuits de la Biscuiterie de Provence ?

La Biscuiterie de Provence est présente dans de nombreuses épiceries fines, cavistes et magasins bio en France, ainsi que dans une sélection de points de vente à l’export. La fabrique dispose aussi d’un showroom et d’une boutique à Saint-Maurice-sur-Eygues, en Drôme provençale, où l’on peut déguster les spécialités sur place. Enfin, une boutique en ligne permet de commander la plupart des références, y compris certains coffrets collector.

Quelles sont les spécialités emblématiques à découvrir en premier ?

Pour une première découverte, trois familles de biscuits donnent une bonne idée du style de la maison : les Navettes (fleur d’oranger ou anis) pour le côté provençal et parfumé, les Craquantes bio aux amandes pour la texture sèche et intense, et les Croquettes de Vinsobres pour le croquant très gourmand à forte teneur en amandes. Le pack café gourmand bio, qui combine Navettes, Craquantes et Canistrelli au citron, constitue une bonne porte d’entrée.

La Biscuiterie de Provence propose-t-elle des biscuits sans gluten ?

Oui, plusieurs spécialités ont été conçues pour répondre aux attentes des personnes évitant le gluten, à commencer par certains gâteaux moelleux aux amandes, comme le Suprême du Ventoux, précurseur sur ce segment. Le site de production moderne de Saint-Maurice-sur-Eygues permet de séparer les lignes de fabrication et donc de sécuriser ces productions. Il reste néanmoins conseillé de vérifier chaque emballage, la présence ou non de gluten étant indiquée clairement.

Les ingrédients utilisés sont-ils majoritairement bio ?

Depuis le lancement des premières recettes biologiques en 2009, la part du bio n’a cessé de croître dans la gamme. De nombreuses spécialités, notamment les Navettes, Craquantes et Canistrelli, sont désormais certifiées bio, avec des matières premières issues de l’agriculture biologique. Certaines références historiques restent en conventionnel, mais la tendance générale va vers une part de plus en plus importante de biscuits certifiés.

Comment conserver au mieux les biscuits une fois ouverts ?

Les biscuits secs comme les Navettes, Craquantes, Canistrelli ou Croquettes de Vinsobres se conservent plusieurs semaines dans une boîte métalliques ou un bocal hermétique, à l’abri de la lumière et de l’humidité. Les coffrets collector et boîtes embossées proposés par la Biscuiterie de Provence sont justement adaptés à cet usage. Il est conseillé de refermer soigneusement les sachets intérieurs et, si possible, de noter la date d’ouverture pour suivre sa consommation.

Laisser un commentaire